Un texte ciselé. Des personnages hauts en couleur. Un régal de bout en bout. Le texte est magnifiquement servi par comédiennes et comédiens de talent. Mention(s) spéciale(s) à Catherine Salviat et à Cédric Colas. Une très belle soirée !
Avis et critiques : Les Rivaux
7 avis
" Les Rivaux " de Richard Brinsley Sheridan dans une traduction et adaptation de Sylviane Bernard-Gresh et Frédérique Lazarini, mise en scène par Anne-Marie Lazarini, est à l'heure du thé, un goûter raffiné qui se déguste sans faim. Dans cette société anglaise du XVIIIe siècle où sa bourgeoisie est toujours soucieuse d'afficher sa primauté culturelle et financière, comment conquérir le coeur de sa bien-aimée ? Quand celle-ci n'aspire qu'à un amour sincère, où l'argent ne sera pas un prétexte à l'union. Tout naturellement en se faisant passer pour un autre, un simple quidam, loin de tous les fastes d'un rang qui fragilisent la pureté des sentiments. Cette pièce à l'inspiration shakespearienne m'a fait tout de suite faite penser à " La nuit des rois ". Une comédie, une farce très souriante, légère, qui apporte au fur et à mesure de la montée de l'intrigue son lot de rires. Richard Brinsley Sheridan à 24 ans quand il écrit cette pièce. Il s'est inspiré de sa vie pour l'écrire, qui après un léger remaniement, connu un grand succès parmi ses contemporains. L'adaptation et les dialogues sont très fins, un très beau travail de traduction. C'est un délice d'entendre dans la bouche de la tante Mrs. Malaprop, un tant soit peu excentrique, un vocabulaire, avec entre autres des jeux de mots " légers " aux accents toniques, sorti de son grain de folie qui l'habite. Un grain de folie que l'espiègle Catherine Salviat, avec ses faux airs de précieuse ridicule, se délecte à partager ; comment ne pas être sous le charme de ses interventions toutes drôles à souhait. Elle donne l'impression de vivre dans un autre monde. Le personnage du père, Sir Anthony Absolute, joué par Thomas Le Douarec est aussi charmant. Décidément les rôles à costumes, à l'humour anglais lui sied à ravir, déjà que je l'avais aimé récemment dans " Le portrait de Dorian Gray ", eh bien dans cette pièce il est tout aussi élégant, raffiné ; sa voix chaude et profonde et son phrasé sont une merveille. Et nos héros, me direz-vous ? Alix Bénézech est une Lydia, tout en couleur, en générosité, elle respire la joie de vivre et l'innocence de la jeune amoureuse. Cédric Colas joue avec facétie ce double rôle de Beverley - Capitaine Absolute, se démenant pour arriver à ses fins. Il sautille comme un cabri pour décrocher le coeur de sa dulcinée. Dans des costumes de Dominique Bourde, dont une partie sont prêtés par l'Opéra de Paris et des décors tout en peinture de François Cabanat, permettant de passer très rapidement d'un lieu à un autre, Anne-Marie Lazarini a pu donner un rythme soutenu à cette comédie et mettre en évidence tous ses ressorts ; comédie construite en finesse par un jeune et fougueux auteur ; le tout en s'entourant de ses complices de jeux ayant le sens de la comédie. On sent véritablement un esprit de troupe au sein de cette compagnie " Les Athévains " et cela fait plaisir à voir sur scène. La petite musique de Samuel Sené agrémente cette légèreté de jeu, propre à cette comédie enjouée.
Nous avons adoré! Quel moment! Les comédiens y sont impressionnants interprétant des personnages tous plus farfelus les uns que les autres. Avec notamment celui de Catherine Salviat qui est, une fois encore exceptionnelle! Mention spéciale à la belle Alix Benezech qui nous bluffe en poussant la chansonnette et par son jeu haut en couleurs. Une pépite! Merci!
... Une agréable découverte d'une pièce de Richard Brinsley Sheridan, auteur majeur du théâtre anglais, peu connu en France.
Bon spectacle. A voir pour découvrir Sheridan, notamment.
pièce en costume belle troupe d'acteurs l'actrice habillée de blanc est très bonne mise en scène tonique belle réalisation pourrait s'enrichir de quelques facéties
Les 10 premières minutes sont déconcertantes, voire ennnuyeuses. Puis Catherine Salviat entre en scène et là, tout change. J'ai d'abord pensé que la comédienne avait des problèmes de diction avec "givilente" avant de m'apercevoir que le personnage avait un vocabulaire très approximatif (UN RÉGAL). Pour le reste, R.S. Sheridan, nous livre une piècette sans grand intérêt mais légère et amusante.
5 critiques
La mise en scène de Anne-Marie Lazarini offre un regard ironique et prend un tel plaisir face à une légèreté, une cocasserie qui évoque le Shakespeare des comédies et annonce l'élégante rosserie d'Oscar Wilde. Un délicieux jeu de l'amour et du hasard à l'anglaise. Fabienne Pascaud
Le jeu des comédiens s'impose. Le choix de légère distance de la mise en scène d'Anne-Marie Lazarini prend tout son sens et on s'amuse de bon coeur. On est vraiment ravi. Jean-Luc Jeener,
Une partition brillante et réjouissante, finement orchestrée dans ce si précieux Artistic Théâtre. Une langue surtout qui caracole avec une distance amusée, une jubilation complice, un à-propos piquant... so deliciously and uniquely British.
Pour illustrer l'humour anglais, il faut compter avec Sheridan. Anne-Marie Lazarini met en scène ce petit bijou de légèreté malicieuse néanmoins subversive où l'on perçoit une forme de révolte. Jack Dion
Anne-Marie Lazarini, qui aime défendre ceux que les projecteurs ont cessé d'éclairer, remet en lumière le glorieux et méconnu Sheridan, auteur du 18ème siècle, plus excentrique que Marivaux ? Le spectacle se déguste comme une fête de la comédie. Gilles Costaz
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