Avis et critiques : On n'a pas pris le temps de se dire au revoir
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Rachid Bouali est acteur et conteur. Sur scène, il nous prend la main pour nous emmener dans ses souvenirs d’enfance. Il y a urgence. D’un côté, la cité dans laquelle il a grandi va être rasée, de l’autre son « petit papa » perd la mémoire. Alors on reprend du début, son arrivée dans la cité de la Lionderie, sa scolarité en tant que fils d’immigré ou la réussite n’est pas une option. Avec un regard tendre, il raconte la difficulté en grandissant, de conjuguer toutes ses identités. « Qui suis-je ? Un Kabyle à la maison et un Français au lycée, un Arabe pour les Français, un Français pour les Algériens d’Algérie. » Il est seul sur scène et sans décor. Les époques fragmentées de sa vie forment peu à peu une mosaïque colorée. À la fin, les morceaux s’imbriquent, on en ressort bouleversés et attendris.
Ce spectacle est dans la continuité des opus précédents autobiographiques (« Cité Babel », « Un jour, j'irai à Vancouver » et « Le jour où ma mère a rencontré John Wayne ») écrits par Rachid Bouali et joués partout en France et à l'étranger. Ici, c’est l’évocation de l’enfance qui s’éloigne remplacée par un présent de plus en plus chaotique. Les souvenirs s’effacent, la disparition de sa mère puis celle de son père, loin de leurs racines. L’immeuble ou ils vivaient depuis si longtemps est voué à la destruction. Rachid semble être seul comme sur une île déserte qui se délite sous ses pas. Loin de sa terre d’origine, la Kabylie, qu’il ne connait pas et la France pas toujours accueillante, que va devenir ce petit garçon ?
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