Bio et parcours
Jean-Luc Lagarce est l’un des grands dramaturges français de la fin du XXe siècle, même si une bonne partie de cette reconnaissance arrive après sa mort. Son théâtre parle de famille, d’absence, de retour, de solitude et surtout de cette étrange difficulté à dire exactement ce qu’on voulait dire. Chez Lagarce, une phrase avance, hésite, se corrige et recommence. Bref, parler devient presque un sport de combat.
Après une enfance à Valentigney, il part étudier la philosophie à Besançon et suit parallèlement les cours du conservatoire d’art dramatique. En 1977, il fonde avec d’autres élèves le Théâtre de la Roulotte, en hommage à Jean Vilar. D’abord amateur, la compagnie devient professionnelle en 1981. Lagarce y mène une importante activité de metteur en scène, montant aussi bien Beckett et Goldoni que Molière, Marivaux, Labiche ou ses propres textes.
Son œuvre se construit parallèlement avec Carthage, encore, Derniers remords avant l’oubli, Music-hall, Les Prétendants ou encore Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne. Pourtant, ses textes connaissent de son vivant une diffusion assez paradoxale : ils sont publiés, lus et soutenus notamment par Théâtre Ouvert et France Culture, mais très peu sont montés par d’autres metteurs en scène.
En 1990, grâce à une bourse Villa Médicis hors les murs, il séjourne à Berlin et écrit Juste la fin du monde. Louis retourne dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. Il repartira sans y parvenir. Le texte est refusé par les comités de lecture de l’époque et ne sera créé qu’en 1999, quatre ans après la mort de Lagarce, dans une mise en scène de Joël Jouanneau. Il deviendra pourtant sa pièce la plus célèbre. En 2016, Xavier Dolan l’adapte au cinéma avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux et Vincent Cassel. Le film reçoit notamment le Grand Prix du Festival de Cannes, donnant une nouvelle visibilité internationale au texte de Lagarce.
Les dernières années sont particulièrement fécondes. Il écrit J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, Nous, les héros puis Le Pays lointain, achevé peu avant sa mort et qui reprend plusieurs motifs de Juste la fin du monde. Il participe également en 1992 à la création, avec François Berreur, des Éditions Les Solitaires Intempestifs, aujourd’hui étroitement associées à son œuvre.
Après sa disparition, le retournement est spectaculaire. Ses pièces entrent durablement au répertoire, sont traduites dans de nombreuses langues et multipliées sur les scènes françaises et internationales. Juste la fin du monde entre au Répertoire de la Comédie-Française en 2007-2008, avant d’être adaptée au cinéma par Xavier Dolan en 2016. Celui qui avait vu sa pièce refusée partout est ainsi devenu l’un des auteurs contemporains français les plus joués. Timing un peu cruel, mais postérité solide.
Jean-Luc Lagarce, ses spectacles à l'affiche à Paris
Ses anciens spectacles
Pourquoi on aime Jean-Luc Lagarce ?
Son théâtre intime
Ses familles explosives
Son style en échos
Ses non-dits qui en disent long