Ses critiques -Ambitieux mais inégal 7/10 Démarche ambitieuse que de recourir à la mythologie antique pour nous parler de la crise de la dette grecque de 2015. On navigue entre trois époques : - l'Antiquité mythique - les années qui entourent la crise de la dette - aujourd'hui, où se retrouvent des Européens protagonistes de la crise neuf ans après. Ce passage d'une époque à l'autre s'effectue sans confusion. Pour autant, l'intérêt de la démarche n'est pas toujours rendu évident, notamment parce que le traitement des différentes époques est inégal : 1) l'Antiquité mythique est servie par la marionnette de "l'oiseau de Prométhée", remarquablement manipulée, mais desservie par des références bien complexes; les marionnettes des Parques sont également de qualité, celles de Zeus et de Prométhée moins convaincantes; 2) la période de la crise est la mieux rendue, avec une critique acerbe de la troïka et de ses représentants politiques; 3) la période actuelle souffre d'une écriture manquant de rigueur et de clarté. Ajoutons à cela que le spectacle part un peu dans tous les sens, avec du public sur scène et un funambule qui intervient sans qu'on comprenne pourquoi. En quelques mots, je résumerais en écrivant que ce spectacle mérite d'être vu, qu'on ne s'y ennuie pas et qu'on y vit de bons moments mais qu'il n'a pas la qualité à laquelle nous avait habitués la compagnie "Les Anges au Plafond". # écrit le 22/03/24
| -Superbe Colette 8/10 Certes le cadre du Théâtre Montmartre Galabru est modeste, certes la facture du spectacle n'a rien de l'avant-garde, certes le décor modulable n'était pas indispensable mais, pour autant, cette pièce de théâtre musical est très bien écrite et magnifiquement interprétée. On trouve grand plaisir à découvrir ou retrouver les tribulations artistiques et amoureuses de Colette et ce moment de théâtre musical est plein de charme. # écrit le 31/03/24
| -Péripéties quotidiennes absurdes et désespérées 8/10 Hanokh Levin n'a pas son pareil pour brosser un portrait désespéré du quotidien par une succession rapide de scènes courtes et percutantes. Kroum l'ectoplasme l'illustre bien. Les prestations des comédiens sont inégales mais aucun n'est mauvais et certains sont excellents. J'ai notamment été touché par le personnage de Tougati l'affligé et ai également apprécié ceux de Doupa la Godiche ou Dulcé et Félicia les parasites. # écrit le 02/04/24
| -Quelle était l'intention ? 6/10 Cette pièce est née d'une commande de Nicole Garcia à Marie Ndiaye. Comme Nicole Garcia, Gabrielle Royan, le personnage qu'elle incarne, est née à Oran puis a traversé la Méditerranée. Elle est par ailleurs mise en scène par un très proche, son fils Frédéric Bélier-Garcia. Il est donc très probable que ce personnage de professeure qu'on voit sur scène corresponde exactement à ce qu'eux trois ont ensemble voulu produire et je ne chercherai pas, dans mon avis, à distinguer ce qui relève respectivement de l'écriture, du jeu et de la mise en scène. J'ai lu plusieurs critiques qualifiant ce spectacle d'incandescent ou de brûlant et je ne les comprends pas. J'ai trouvé ce personnage très froid, ne suscitant aucune empathie ni même antipathie, juste quelqu'un dont la fragilité psychique semble antérieure au drame, même si celui-ci, le suicide d'une élève harcelée par ses pairs, l'a bien sûr amplifiée. Je me demande donc quels étaient le message et les intentions de l'auteur et de son interprète. S'agissait-il montrer les hésitations entre déni et culpabilité ? Ou bien de souligner l'absolue nécessité de venir en aide aux victimes de harcèlement ? Peut-être. Toujours est-il que cette pièce m'a semblé être d'abord conçue pour offrir un grand rôle à Nicole Garcia mais que, faute d'une intention vraiment bien définie et compte-tenu de la froideur du personnage, on reste un peu sur sa faim. # écrit le 28/04/24
| -Superbe écriture théâtrale 10/10 Je ne connaissais pas debbie tucker green. Je ne regrette pas d'être allé découvrir sa pièce. Cette auteure anglaise est au moins l'égale des plus grands noms de l'actuelle école anglaise de théâtre. Si vous aimez le sens du suspense de Lucy Kirkwood, l'art du sous-texte de Martin Crimp, la capacité de créer des situations extrêmes de Dennis Kelly, courez découvrir corde.raide, un bijou d'écriture théâtrale. Et, pour préserver le suspense, lisez le moins de choses possible au sujet de cette pièce. # écrit le 05/05/24
| -Portrait sensible et engagé 9/10 Issam Rachyq-Ahrad a du talent. Il sait, avec beaucoup de subtilité, marier charme et intelligence pour dresser avec beaucoup d'affection le portrait sensible de sa mère mais aussi, dans un même mouvement, faire passer son engagement contre la haine et le racisme. Quant le spectacle se termine, on regrette qu'il fût si court. # écrit le 25/05/24
| Cirque Contemporain: Sono io ? -Émouvante transmission 9/10 Ça commence doucement, lentement même; puis, petit à petit, tout se met en place. Père et fils, clowns musiciens, nous régalent de leur complicité drôle et émouvante, dans un très bel hommage d'un père à son fils, un fils excellent d'expressivité. # écrit le 31/05/24
| -Rendre justice à Camille Claudel 8/10 Ce spectacle, qui met en scène la correspondance de Camille Claudel, lui rend justice de façon très émouvante. La manipulation du papier, pleine de trouvailles aide créativité, complète les mots, ne se contentant pas de les illustrer. # écrit le 05/06/24
| -Ne pas se fier au titre ! 8/10 Cette pièce engagée et très bien écrite (fort bien jouée aussi, au demeurant) démonte la façon dont l'Occident instrumentalise la démocratie et autres valeurs universelles pour assoir sa mainmise sur le Tiers-Monde. Cette pièce n'est en rien complaisante avec Khadafi (d'ailleurs, il est plus question de la Caraïbe et de l'Afrique en général que de la Libye). Elle affirme que le Tiers-Monde doit trouver sa propre voie, loin des colonisateurs, sans toutefois définir comment cette voie peut être trouvée, ni dire si la démocratie est une valeur purement occidentale ou bien une valeur universelle pervertie par l'Occident. # écrit le 09/06/24
| -Après quoi court-il ? 7/10 Donner seul sur scène un texte tiré d'un roman n'est jamais chose aisée. Le défi est ici relevé, avec une mise en scène efficace et un bon acteur. La seule question qui vaille finalement pour apprécier l'intérêt de ce spectacle est celle de l'intérêt de ce texte. J'ai apprécié les moment où Colin parle de sa famille ou de ses activités de délinquant; d'autres passages sont moins convaincants. Il ne reste en fin de compte qu'un double questionnement, que le spectateur emporte : après quoi Colin court-il ? Que fuit-il en renonçant à la victoire ? # écrit le 14/09/24
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