Dessorties deslivresetmoi

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12 pages de résultats triés par
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Comédie: No Limit

-No limit... ou alors the sky, à la rigueur...
10/10

Au Théâtre de la Tour Eiffel, dont la propriétaire est la pétillante Christelle Chollet, on sait que tout risque toujours d'être explosif. Et bien... c'est confirmé, avec cette pièce dont le déploiement rythmé va crescendo. Le temps de planter le décor, de présenter les personnages nombreux, et les artistes, sous une mise en scène dégoupillée par Robin Goupil, passent à l'offensive. Et encore, le mot est faible, contrairement au texte qui, lui, est puissant. A l'heure où la géopolitique est reine et où les relations inter-gouvernementales semblent parfois incontrôlables, la liaison entre Washington et Moscou a intérêt à être bonne. Mais il suffit de le souhaiter pour que se produise le contraire, dans cette hilarante comédie militaire. Allons droit obus, la guerre pourrait bien éclater, tout comme des milliers de rires, dans la salle qui se tord tellement qu'elle perd toute droiture et finit aussi pliée qu'une chaise non électrifiée. No limit n'est pas juste une pépite, mais carrément une bombe déjantée, lâchée sur un public d'innocents... venus tout de même en connaissance de cause, dans un élan théâtralo-patriotique. N'attendez donc pas qu'on vous réquisitionne, rendez-vous service et mobilisez-vous !
# écrit le 25/03/23 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com


Théâtre contemporain: Simone Veil : Les combats d'une effrontée

-Résiste !
9/10

Voilà une femme qui a prouvé qu'elle existe, en son temps et encore actuellement, dans le coeur des Français. Ses combats ont rempli sa vie, et quelle vie ! Quelle vie... Connue pour avoir occupé des fonctions publiques, elle s'est illustrée en tant que magistrate ou Ministre de la Santé, poste sur lequel elle a notamment défendu le droit à l'avortement. Mais avant cela, alors qu'elle n'était qu'une enfant, elle a aussi connu l'horreur des camps de concentration, en tout cas celui d'Auschwitz. Sans tomber dans le misérabilisme, par une mise en scène sobre et dynamique à la fois, la pièce rend hommage à ses mémoires et décrit un pan d'une Histoire qu'on ne peut oublier, et que Cristiana Reali, secondée par Noémie Develay, incarne à la perfection, bluffante quoique tout en retenue (ce qu'elle a d'ailleurs travaillé), pour reprendre au plus juste les attitudes de Simone Veil. C'est inspirant, c'est émouvant, c'est révoltant, également. Car le temps qui passe n'efface pas les cicatrices causées par de profondes blessures. Et pourtant, quelle leçon, quand on sait qu'elle-même a dit pardonner ceux qui leur avaient fait ça, à elle, à sa famille, à ses proches... Et aux autres. Ce récit enchante. Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens Si j'avais été allemand ?
# écrit le 18/03/23


One Woman Show: Camille Chamoux dans Le temps de vivre

-Comme à la maison
7/10

Le décor est posé : avec un peu de mobilier dont quelques chaises et une grande table à manger, avant que le spectacle commence, on pourrait s'attendre à une pièce de théâtre. Mais non, pas d'inquiétude, on ne s'est pas trompé de salle, c'est juste que Camille Chamoux nous reçoit... chez elle. Cela contraste avec le stand-up actuel, la plupart du temps dénué de tout accessoire et qui ne cherche donc pas à créer de climat particulier. Ici, c'est tout le contraire, à tel point que plusieurs interactions ont lieu avec le public, parfois même en improvisation, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Dans une mise en scène de Vincent Dedienne, et avec la complicité de Camille Cottin, le texte ne fait pas rire à gorge déployée mais il est construit de façon sensible et intelligente. C'est décidément comme si on passait un agréable dîner chez une amie, avec des moments sérieux et d'autres amusants, à parler du temps qui passe et à retrouver la joie de vivre dans le carpe diem. Cependant l'heure tourne et il faut songer à se quitter. Prenons donc congé avant de rendre l'invitation ; la prochaine fois, Camille, c'est chez nous !
# écrit le 14/03/23


Seul(e) en Scène: La métamorphose des cigognes

-Oh le beau bébé !
9/10

Marc Arnaud a accouché d'un joli petit texte qui n'a rien à voir avec le commun des mortels. Et pourtant, quoi de plus courant que le thème du couple désirant un enfant ? Oui mais voilà, la nuance est ici que cela ne leur est pas possible sans aide médicalisée. Et c'est ainsi que le comédien, seul sur scène, se retrouve à rendre publique son histoire personnelle. Depuis le laboratoire où il doit accomplir certaines étapes d'une simplicité élémentaire, tout va cependant se compliquer. Des questionnements, des doutes, une peur incontrôlable et une tension palpable, bienvenue dans l'intimité d'un homme comme tout le monde mais seul au monde, lorsque sa femme attend déjà en salle d'opération et que le moment est venu de concrétiser ce sur quoi ils s'étaient pourtant mis d'accord. Entre réflexions existentielles et humour incontournable pour faire redescendre la pression, notre héros des temps vraiment modernes cultive brillamment l'empathie du public qui, sans se prononcer sur le sexe, aura inévitablement tendance à le trouver trop chou et à lui souhaiter de voir bientôt la vie en rose.
# écrit le 04/03/23


Théâtre: Berlin Berlin

-Bis repetita
10/10

Si on a tendance à penser que l'histoire se répète, cette pièce prouvera le contraire. En abordant les frasques allemandes, non pas pendant la Seconde Guerre mondiale (sujet vu et revu), mais quelques décennies plus tard, de part et d'autre du Mur (sujet qui risque de casser des briques), on prend de la hauteur et on franchit un pas en allant s'intéresser de plus près... à la Stasi. Et si certaines informations permettront de se cultiver, que personne ne s'y trompe, l'objectif reste bien évidemment de se divertir. En la matière, aidé par son complice Gérald Sibleyras, Patrick Haudecoeur fait mouche, comme à son habitude. Avec son talent pour réutiliser les mêmes ingrédients gagnants tout en les sublimant afin de composer de nouvelles recettes, en un tour de main, nous voilà à Berlin. Mais que l'on ne s'en offusque pas, ici, avec une armée de bons comédiens, on rira ! Rien à déclarer ? Si. Même s'il faut parfois s'en dédouaner, question humour outre-Rhin, il y a de quoi se tordre les reins. Le metteur en scène a pris une pelle et s'est creusé les méninges pour parvenir à ses fins, au prix d'un travail acharné (heureusement qu'il y en a qui bosch)... Face à un public d'alliés, le combat est facilement gagné. Théâtre Fontaine, je ne boirai pas de tes mots dans n'importe quelle langue. Mais là, Ich liebe cette comédie, et plutôt deux fois qu'une !!
# écrit le 09/02/23


Comédie: Fallait pas le dire !

-Ecoutez bien !
7/10

Si l'on va voir cette pièce en couple, de trois choses l'une : dans l'ordre de probabilité, soit on est inconscient, soit on assume tout, soit on est irréprochable. Faut le dire vite car notre couple bien aimé a justement quelques reproches à déclarer, non pas qu'il y ait une mauvaise entente entre Pierre Arditi et Evelyne Bouix, mais plutôt parce qu'il y a une trop grande écoute... Paradoxal ? Certainement pas. L'idée est au contraire d'une grande modernité, la parole apprenant à se libérer d'une bouche qui refusait parfois de la laisser prendre l'air. Quand on peut tout se dire, tout peut être dit. Enfin, ça, c'est la théorie ; dans la pratique, est-ce qu'on en est bien sûr ? ... Contre vents et marées, au nom d'une expression publique dans la sphère intime, voici une série de thèmes et de répliques qui apprendront à bien faire la différence entre la pensée brute et la façon de l'exprimer, qui a le choix entre l'être aussi ou bien s'enrober d'un gant de velours, plus délicat et plus doux au toucher, surtout quand on le reçoit au visage. Duel ou plutôt joute verbale, quelques malentendus qui ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd, mais jamais d'agressivité gratuite. Souhaitons que leur relation soit aussi sincère et douce à la ville...
# écrit le 29/01/23


One man show: Baptiste Lecaplain dans Voir les Gens

-Bien vu !
9/10

Au théâtre du même nom, comme il est plaisant d'assister à la renaissance de Baptiste Lecaplain, qui revient toujours chargé à bloc lorsqu'il présente un nouveau spectacle. Tel un phénix, peut-être l'artiste a-t-il plusieurs vies ; en tout cas, il est certain qu'il a plusieurs personnes... dans sa tête ! Fidèle à lui-même, il parle fort, crie, court, bouge dans tous les sens ; nul ne sait s'il se croit dans une salle de sport mais force est de constater que cela travaille sa silhouette. Comme il aime à le faire, il passe en revue une galerie de portraits caricaturaux, avec une imagination sans limites, ou presque, puisqu'il parvient encore à les repousser un peu plus loin lorsqu'il se livre à de l'improvisation. C'est d'ailleurs dans les passages non écrits qu'il témoigne de sa nature véritable avec son grain de folie, difficile à canaliser. Les spectateurs, au moins, se disent qu'ils en ont pour leur argent ; entre sa densité de répliques et son débit de parole, chaque minute qui passe en vaut largement deux, c'est rentable ! Pas de doute, cet humoriste, qui témoigne aussi de ses qualités d'acteur, fait vraiment partie des meilleurs de la scène actuelle. A l'entrée, il voulait voir les gens, alors les gens sont venus le voir ; à la sortie, ils ne voulaient plus lui dire au revoir et se demandaient déjà quand le revoir !
# écrit le 11/12/22


One Woman Show: Christelle Chollet dans Reconditionnée

-Nouveau, à saisir !
10/10

On la sait énergique, des idées à profusion : Christelle Chollet revient dans un tout nouveau spectacle qu'elle joue -parce qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même- dans son propre théâtre, celui de la Tour Eiffel. Et dans Reconditionnée, une fois de plus, on peut dire qu'elle met le paquet. Tel un déménageur, elle va à cent à l'heure, se livrant à des passages racontés, d'autres chantés. Car sa spécificité, c'est de ne pas choisir mais de faire ce qui lui plaît. Elle nous régale avec son humour sur des sujets variés, toujours bien pensés, et nous inonde de ses talents vocaux lorsqu'elle s'attaque, indifféremment, à du bon rock américain, Mistinguette, Diam's ou Céline Dion : All by myself, enfin pas tant que ça, car son public, en nombre, est bien là. À 49 ans, cette artiste accomplie ne perd ni enthousiasme ni dynamisme, elle donne à la fois le la et le tempo. Les spectateurs sont régénérés autant qu'elle est reconditionnée ; pas étonnant qu'elle fasse un carton, chacune de ses représentations éclabousse de joie comme une explosion. Mais ce n'est pas Noël tous les jours, il faut maintenant patienter quelques saisons pour voir à quoi ressemblera l'emballage du prochain cadeau qu'elle se fera un plaisir de nous offrir et que nous nous ferons une joie de recevoir !
# écrit le 05/11/22


Seul(e) en Scène: La promesse de l'aube

-Promesse tenue !
9/10

Franck Desmedt s'est imposé comme une référence dans le style si périlleux du seul-en-scène. Et c'est vrai qu'il faut la tenir, cette pièce ! Tous ceux qui connaissent l'oeuvre, dans sa déclinaison littéraire ou cinématographique, savent que l'histoire a beau raconter la vie de Romain Gary, elle tourne démesurément autour de sa mère, à l'instar du rôle qu'elle a occupé dans le cheminement de l'auteur aux multiples facettes. Un destin exceptionnel, qui méritait qu'une plume le retranscrive (on n'est jamais si bien servi que par soi-même). Le texte est d'ailleurs d'une telle intensité qu'une minuscule estrade et quelques accessoires suffisent. Aucune place n'est faite au superflu, le reste se passe dans la prose et dans nos têtes. Le comédien, que l'on peut qualifier d'unique, en fait une interprétation réussie et démontre qu'une petite salle n'est pas incompatible avec un grand talent. Après une telle soirée, promis, on peut dormir tranquille. Jusqu'à l'aube.
# écrit le 13/10/22


Théâtre contemporain: Les poupées persanes

-Le toupet d'un cri perçant
9/10

Quelle(s) histoire(s) ! D'un côté une période récente, qui de prime abord -seulement- semble plutôt banale ; de l'autre des bonds et rebondissements dans les années soixante-dix, quand l'Iran traverse ses heures sombres, celles où règne la terreur qui prive les citoyens de leurs droits et éveille certaines consciences à la lutte pour la liberté. Quand le Shah est là, les sourires ne dansent plus. Une fois de plus, le Théâtre des Béliers démontre qu'il abhorre fricoter avec la médiocrité. Dans son génie d'écriture, Aïda Asgharzadeh place et déplace des récits parallèles, à travers un rythme et une intensité qui vont crescendo. Au moyen de décors astucieux, de musique enregistrée ou jouée, et bien entendu par le truchement d'étonnants comédiens détonants, Régis Vallée, aux commandes de la mise en scène, déroule littéralement la narration comme il le ferait avec un grand tapis rouge, et il appuie sur les émotions afin que les mots et les sons qui entrent par les oreilles, passent par le cerveau pour finalement parvenir jusqu'aux yeux, étape ultime d'un voyage qu'Iran les larmes inévitables. S'évader dans le passé, cela a du bon quand il s'agit de ne pas oublier. Cette pièce non plus, on ne l'oubliera pas, et au fil des représentations, à défaut de les prendre pour des jouets, ces poupées, on va les laisser jouer !
# écrit le 12/10/22 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com



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