Ses critiques -Oh Les beaux jours : La magnifique leçon de théâtre de Catherine Frot 8/10 Sur un texte emblématique du théâtre de l'absurde, signé Samuel Beckett, « Oh les beaux jours « racontent la dégradation et la vacuité de l'existence à travers l'immobilisation progressive du personnage principal ; une ode au vivant malgré la mort prochaine. Après une première version en 2012, Marc Paquien recrée cette pièce avec une nouvelle mise en scène basé sur la mélancolie, une scénographie très épurée de Richard Peduzzi ; où la terre et le ciel se confondent et où paraissent des réminiscences de soleil ou de lune ; avec des jeux de lumières magnifiques de Dominique Bruguière. Catherine Frot bouleversante et pleine de vie dans le rôle de Winnie, enterrée dans le sol, elle interprété cette partition entre le tragique et le comique, de manière magnifique. Et joue avec délicatesse et drôlerie son célèbre cabas noir. A travers son inventaire des petits riens de l’existence (une brosse à dent, un pistolet, un rouge à lèvre, …) et sa mémoire des jours comme ils vont, Winnie exprime l’essence de notre condition, célèbre l’opiniâtreté à vivre, à dire, à faire vivre l’espace alors que le temps s’étire. Elle est ici pleinement présente, s’affirme, s’oppose à chaque seconde à son naufrage, à sa condition de femme immobile mais qui sombre en chantant Pierre Banderet incarne un Willie taciturne, juste et très discret, présent aux côtés de son épouse. C’est une magnifique leçon de théâtre avec une Catherine Frot en une Winnie lumineuse contre l'ensevelissement du temps. # écrit Il y a 4 semaines , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Un voyage dans le temps magique et déjanté ! 10/10 Après les succès « comme « La Maison hantée « ou « Paris is magique «, voici le célèbre conte de Charles Perrault « La belle au bois dormant « qui est donc la nouvelle création musicale très réussi de Nicolas Nebot & Dominique Mattei Dans le royaume des lumières, la princesse Aurore grandit sous la protection de fées bienveillantes… jusqu’au jour où la sœur de la reine partageant, quant à elle le royaume des ombres lui jette une sombre malédiction et la plonge dans un long et profond sommeil. C’est une relecture moderne aux chansons très entrainantes, aux costumes de haute qualité et aux effets visuels marquants. La grande surprise est ce côté moderne de la pièce avec une très belle allusion au voyage dans le temps ; style « Retour vers le futur », très drôle et qui ne manquent pas de saveur. C’est un magnifique spectacle à la mise en scène dynamique et contemporaine. Le spectacle intègre aussi des marionnettes, des créations visuelles digitales, des costumes soignés, et surtout un dragon grandeur nature On retrouve sur scène une belle troupe (avec Manon Bartoletti, Adelina Belgodère, Eka Katounka, Alexandre Lacoste et Tristan Robin), saluée pour la justesse et la beauté des voix. C’est autant pour les petites têtes blondes, brunes ou rousses que pour les adultes. # écrit Il y a 3 semaines , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -A parts égales : très beau moment assuré 10/10 Gaspard est un grand acteur de théâtre qui a tout pour lui. Il est, depuis longtemps, en couple avec un bel italien, gagne bien sa vie, connait et joue avec les plus grands noms. Il vient d'être une nouvelle fois récompensé avant de se rendre à l'anniversaire de son petit frère. Voilà le point de départ de cette magnifique pièce mêlant rires et émotion, humour et tendresse. C'est un jeu de massacre familiale où personne n'est épargné (avec une mention spéciale pour Ph, l'ami de la famille qui nous émeut par sa belle tirade,tout en sensibilité). L'auteur dépeint aux scalpels avec des dialogues finement ciselés une galerie de personnages gravitant autour de celui-ci ; qui ne voit que lui. Je vous laisse la surprise de voir cette belle brochette d'artistes qui nous embarquent, par une mise en scène moderne, dans un règlement de compte très réussi ; aux thématiques très variées. # écrit le 11/10/23
| -Une comédie réjouissante, intelligente et profondément humaine. 10/10 L'adaptation théâtrale par Arthur Cachia ; qui co-réalise de manière brillante avec Delphine Depardieu et endosse aussi le rôle-titre du Schpountz, est d’une grande réussite et signe donc un vibrant hommage à son auteur original Marcel Pagnol. Fluide et rythmée (en 1h30 sans aucun temps mort), elle nous transporte judicieusement sur deux unités de lieu (La Provence avec l’épicerie du village tenu par l’oncle Fabre, sa terrasse de café et sa garigue) et la capitale (le studio de cinéma) représentés ingénieusement par des panneaux, qui pourrait faire penser au peintre Matisse. Portée par une troupe de six comédiens de grande qualité qui incarnent une douzaine de personnages, la pièce réussit à redonner tout son éclat au chef-d'œuvre immortalisé par Fernandel au cinéma. Dès les premières minutes, le spectacle baigne dans une atmosphère provençale savoureuse, rythmée par l'accent, la verve et la force des répliques pagnolesques. Entre rire et émotion, la grande force de cette adaptation est de montrer avec justesse la frontière entre la comédie et le drame. On rit vraiment beaucoup aux éclats face à cette farce où un épicier naïf, persuadé d'avoir le destin d'un grand acteur, se fait duper par des professionnels du cinéma cyniques. Mais derrière l'hilarité, l'empathie grandit pour ce personnage touchant, transformant le spectacle en une réflexion universelle et poignante sur la bêtise humaine, le rêve et la candeur. Le passage du rire aux larmes se fait avec une infinie douceur. Arthur Cachia offre une incarnation évidente et pleine de fraîcheur dans le rôle-titre d'Irénée, épaulé par une troupe de talent. C'est un véritable hymne au métier d'acteur et au pouvoir du rire. Une comédie réjouissante, intelligente et profondément humaine. # écrit le 04 Septembre
| -une farce macabre et vaudevillesque jubilatoire !!!!! 8/10 Adapté du roman de Roy Horminan, on se souvient au cinéma du film « Noblesse oblige « de Robert Hamer ; et plus récement de son remake moderne « L’ultime héritier « de John Patton Ford, cette comédie noire et cynique a dorénavant a sa comédie musicale, inspirée de l'œuvre originale récompensée à Broadway,sous le titre de « Le guide du parfait gentleman assassin « Et c’est jubilatoire !!!!! Dans une mise en scène enlevée et inventive de Virginie Lemoine, nous sommes transportés, sur un ton très caustique, dans le Londres de 1906 ; où un jeune garçon sans argent découvre, à la mort de sa mère, qu’il est l'héritier d'un titre de comte et d'une grande fortune. Mais le seul souci et pas des moindres, huit membres de sa famille le précèdent dans l'ordre de succession. Il décide alors de les éliminer un par un avec beaucoup d'élégance. L’adaptation française par Stéphane Laporte est très réussie ; dans la verve d’u Agatha Christie pour le côté sombre teinté d’un Georges Feydeau pour le côté vaudeville. La troupe, est excellente par la qualité de leur jeu et de leur voix. Un des grands atouts est que les musiciens jouent en direct. Les décors et les costumes d'époque nous plongent immédiatement dans l'atmosphère de l'Angleterre édouardienne et nous montrent une satire de la haute société de cette époque et de ses privilèges traités avec humour noir, amoralité et fantaisie ; dans un rythme rempli de folie. Mention spéciale pour le récitant (et meurtrier) Gaétan Borg qui est joue avec une grande maitrise et que dire de Benoît Cauden jouant les huit héritiers à lui tout seul. On passe vraiment un très bon moment dans cette farce macabre et très drôle. # écrit le 12 Septembre
| -Le patriarcat mis à nu : Un voyage touchant et féministe dans l'absurdité de ces années. 10/10 Il y’ a quelques années, Martin Provost réalisait un très bon film « La bonne épouse « avec un duo d’excellentes actrices Juliette Binoche et Yolande Moreau ; sur une école ménagère, dans les années soixante. Sur le même postulat, Virginie Lemoine écrit d’une manière subtile et dans une mise en scène très rythmée, « Le manuel de la jeune mariée 1957 «. Porté par une troupe de cinq actrices remarquables à l’allure sixties (bravo pour les différentes coiffures et habillements) et à l’énergie débordantes, le spectacle mêle, sur la base du texte authentique de 1957 joué au premier degré, un côté chansons, monologues, danses et théâtre. Cinq portraits de femmes très touchantes nous embarquent dans leur vie respective ; avec en arrière-plan le joug du patriarcat de l’époque. Sans tomber dans la caricature facile ou le militantisme gratuit et lourd., nous sommes entre le rire et l’émotion sur les recommandations désuètes sur la soumission et les bonnes manières en regard de la gent féminine. Virginie Lemoine raconte avec brio et intelligence l’absurdité cruelle des conseils d’époque ; et nous touche par ses cinq belles histoires de mariage ; dont le final (je vous laisse la surprise) nous émeut au plus haut point. De plus, l’accompagnement musical au piano en direct apporte une petite touche musicale bienvenue ; dans ce contexte historique ; qui a bien évolué quand même. En effet, cette dénonciation féministe, entre rire et émoi, nous montre du passé le chemin parcouru en manière du droit des femmes ; tout en rappelant qu’il faut rester vigilant. C’est une belle réussite sur l’évolution de la femme. # écrit le 22 Septembre
| -LES AVENTURIERS DE MINUIT : un divertissement familial et culturel de grande qualité 8/10 Les Aventuriers de Minuit au Studio Marigny est une superbe comédie policière, rythmée et inventive signée Julien et Florence Lefebvre. En 1893, Arthur Conan Doyle veut en terminer avec son héros Sherlock Holmes ; mais une jeune femme irlandaise lui demande de sauver son frère accusé à tort. Dans son enquête, tel une petite ligue des gentlemen extraordinaires, l’auteur français Jules Verne débarque et tous deux nous entraînent dans une véritable enquête de Londres jusqu'en Écosse ; avec un mélange très réussi de rire, de frisson et d'énigmes classiques. Une quinzaine de tableaux s'enchaînent grâce à des décors astucieux dont des projections vidéo ingénieuses signée Sébastien Mizermont. Une belle création sonore et lumineuse ; les costumes d’Axel Boursier, les lumières de Franck Ziemba et les musiques dans le pur style irlandais d’Hervé Devolder nous accompagnent dans cette épopée. ; et nous font voyager tout en créant un suspens réel des docks sombres de Londres aux landes écossaises. La troupe de cinq comédiens remarquables et endossant plusieurs rôles, font une interprétation parfaite ; dont avec leur énergie débordante, un Ludovic Laroche magistral en Conan Doyle et Pierre-Arnaud Juin convaincant en Jules Verne. Le dénouement final nous amène plein de surprises qui nous enchantent au plus haut point. C’est un super divertissement qui nous évade tout en menant l’enquête… # écrit le 24 Septembre
| -WALT LA FOLIE DISNEY : La genèse bouleversante de Blanche-Neige : un petit bijou théâtral 10/10 Au théâtre de la Huchette, sans avoir eu les droits de la part de The Walt Disney Company, cette pièce écrite par Fanny Dupin et Damien Maric, mise en scène très ingénieusement par Victoire Berger-Perrin, et interprétée exceptionnellement et brillamment en solo par le comédien Clément Vieu, à l’énergie débordante et virevoltante, est un vrai petit bijou. Cela retrace avec enchantement et poésie les quatre années de création tumultueuses de Blanche-Neige et les Sept Nains, le tout premier long-métrage d'animation sonore et en couleur de l’histoire ; dont la production initiale était prévue à 250.000,00 Euros et finira par un multiplicateur quasiment par six (1.480.000,00 Euros) ; mais rapportera quatre millions et un milliard à long terme ! Dans un décor très sobre et d’une grande qualité (un rideau de fils, un bureau transformable au design W, un porte-manteau avec miroir), la pièce nous narre les méandres du cerveau de ce cher Walt pour la genèse créatrice de son premier long-métrage animé. Le spectateur (avec un petit côté immersif) plonge tel un collaborateur privilégié au premier plan des coulisses intimes de cette production. La pièce explore donc la face cachée du génie : une obsession dévorante, un parcours semé d'obstacles face au scepticisme des banques, et la frontière fragile entre la vision artistique et la folie destructrice. Il y’ a un moment de grâce et de bravoure quand devant le banquier Rosenberg, il résume en mimant l’histoire de Blanche neige en quasi deux minutes chrono. « Il faut créer l’enchantement » disait Walt Elias Disney et devant nous, cette réalité est tout simplement présente.C’est un seul en scène magistral aux airs féeriques sur la création de ce chef-d’œuvre. # écrit le 27 Septembre
| -George Sand et Frédéric Chopin : Les saintes flammes d'une passion telle une parenthèse enchantée entre lettres et piano 8/10 Sur un très joli texte, Macha Méril, tout dans l'émotion et justesse, raconte l'amour fulgurant qui a liée Georges Sand née Aurore Dupin, écrivaine engagée et défendant le droit des femmes dans de multiples domaines, à Frédéric Chopin, pendant neuf ans. L'amour entre ces deux belles figures artistiques ont crée une influence l'un sur l'autre. La mise en scène très épurée et intimiste (une table, une plume, un piano) de Bruno Villien est simple, élégante, et nous permet de rester au plus proche des mots de Sand et de la musique de Chopin. Macha Méril nous transporte, dans une langue précise, dans cette passion, avec délicatesse faite d'oeuvres et de discussions, de maladie, de paroles et de silence, jusqu'au dernier. Une des très belles idées de la scénographie est ce superbe drapé tiré d'une oeuvre de Paul Jerkins pour ses projections de couleurs vives (jaunes incandescents, bleus profonds, rouges) qui s'entrecroisent et forment de grands voiles ou triangles chromatiques flottants. Ce tissu aux couleurs chaudes sert à évoquer visuellement les différents lieux de la vie du couple : la chaleur des salons parisiens, la lumière de la "maison du vent" à Majorque, mais surtout l'intensité et les "saintes flammes" de la passion amoureuse et créatrice qui a uni George Sand et Frédéric Chopin. Celui-ci est représenté par Erik Berchot, qui interprète à la perfection les différentes compositions du maître du piano. Il fallait un lauréat du prestigieux prix Chopin à Varsovie pour magnifier la musique de ce dernier et qui est joué avec maestria. La seule petite réserve est que le spectacle est trop court (1h10). Mais bercé par cette belle musique et ce texte, raconté avec force et douceur, nous sommes telles une parenthèse enchantée dans un autre temps. C'est un mariage magnifique entre les mots clair de Sand et la musique aérienne de Chopin. # écrit le 28 Septembre
| -UN SOUPCON D’AMITIÉ : Haute tension à Buenos Aires : quand l’amitié vacille 10/10 Écrit admirablement par Philippe Froget, « Un soupçon d’amitié « et dans une mise en scène très réussie de Chloé Froget, avec en fil conducteur des très belles phases de danse poétique et onirique est un thriller psychologique intense et captivant. Dans un très beau décor d’une maison de Buenos Aires, en Argentine, au début des années 1960, Daniella (Anne Brousse tout en grâce), professeur de danse et Louis (Simon Lavaron tout en justesse), son époux, diplomate de son état, qui va voir ses certitudes vaciller, ont un ami commun Joachim (Philip Weissert tout en dualité) ; qui va être accusé par Simon (Cyril Romoli au jeu subtil), un généalogiste intrigant, sorte de catalyseur du drame. Celui-ci contre toute attente va bouleverser petit à petit leur bien être millimétré d’expatriés d’après-guerre. En effet, une grave accusation, par petite touche, va être le départ pour eux d’une mise en abime sur la force de notre amitié et la loyauté de la personne qu’on apprécie. Les quatre comédiens, (de haut niveau) sont remarquables et tiennent en suspense le spectateur. Avec en fond la musique et le tango pour exprimer les non-dits, la haute tension monte progressivement et inflige de manière magistrale un vrai suspens haletant vis-à-vis des spectateurs. Je vous la surprise de la thématique ; mais c’est vraiment une excellente pièce ; qui nous prend aux tripes. # écrit le 03 Octobre
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