Ses critiques
| 22 pages de résultats triés par | | -De la banalité du viol 10/10 Le classement sans suite, c’est ce qui advient à l’immense majorité des plaintes pour viol. Ce spectacle le dénonce mais n’en reste pas là et nous propose une radioscopie, une vision complète du phénomène du viol, démontant les préjugés. La forme théâtrale passe en partie par une fausse distanciation parfois un peu artificielle mais cette troupe sait ce qu’elle veut nous dire et le message passe, utile. Utile à tous. # écrit le 31/08/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Étrange voyage dans le temps 8/10 Il est question de Beyrouth et, plus généralement, du Liban, de son âme et de son histoire. Un personnage – pour ne pas divulgâcher, je reste vague – voyage à travers le temps dans ce pays dont les habitants semblent condamnés à verser le sang pour survivre. Sur un rythme lent et envoûtant parfois ponctué de musique, des saynètes énigmatiques se succèdent. Leur sens n’est pas complètement dévoilé, maintenant un certain suspense. Ce spectacle a beaucoup de charme, il instruit le spectateur sur l’histoire du Liban. Cette étrangeté qui constitue un point fort en maintenant l’attention est toutefois aussi son point faible. Le spectateur peu au fait du détail de l’histoire de ce pays n’a pas toutes les clés pour comprendre forcément qui est symbolisé par certains des personnages de la pièce. # écrit le 30/08/25
| -Tempête magique 8/10 Bel endroit que ce Théâtre de verdure du Jardin Shakespeare, dans le Bois de Boulogne pour renouer avec le théâtre sans quitter les plaisirs de l’été. La Troupe du Théâtre de verdure nous y livre une version de la Tempête qui fait la part belle aux pouvoirs magiques de Prospero et Ariel et qui sait astucieusement tirer parti des contraintes du lieu où elle joue. # écrit le 27/08/25
| -Superbe florilège 10/10 Les amateurs de théâtre passeront un bon moment, les amateurs de chanson passeront un excellent moment. Courez-vite au Funambule, il ne reste que quelques jours ! # écrit le 24/08/25
| -Belle adaptation 9/10 " Le Marchand de Venise " est considéré comme une des "pièces à problèmes" de Shakespeare. On compte donc sur les adaptations et les mises en scène pour nous en révéler en priorité tel ou tel aspect. Bien sûr, toute interprétation judéophobe ou antisémite de cette pièce ne présenterait aucun intérêt et est heureusement proscrite depuis longtemps, me semble-t-il. L'adaptation et la mise en scène de Carine Montag laissent sa place à une compréhension de cette pièce comme une réflexion sur le droit – ou comment on peut en s'attachant à respecter le droit à la lettre en distordre l'esprit pour écraser une minorité - ; c'est dans ce qu'elle nous propose, même si je pense qu'elle aurait pu insister encore plus sur cette lecture de la pièce. En revanche, on doit lui rendre hommage sur sa capacité à respecter pleinement la propension de Shakespeare à mélanger les genres et à nous faire réfléchir mais aussi rire et même nous esclaffer dans le même spectacle. Voilà en tout cas une belle adaptation, une heureuse surprise dans le beau cadre de ce festival estival. # écrit le 17/08/25
| -Divertissant 8/10 Voilà ce qui fut une nouvelle de Conan Doyle, adaptée pour le théâtre et mise en scène par Christophe Delort et Christophe Auzolles en 2017. Si la mise en scène ne révolutionne pas l'art théâtral, elle tient la route et l'adaptation aussi. Ce qui nous est proposé constitue bien une vraie pièce de théâtre. Elle est jouée depuis 2017 dans différents théâtres de France. Nous sommes bien dans une pièce policière et la détection des indices permettant d'identifier le coupable fait partie du plaisir du spectateur. Ajoutons-y aussi – sans que je sache si cela fait partie de la mise en scène ou ressortit d'habitudes développées par les acteurs au fil du temps - que les comédiens truffent leur jeu de nombreuses digressions présentées comme des improvisations, n'hésitant pas à se piéger (ou parfois faire mine de le faire ?) ni à jouer avec le public. Ils ont suffisamment de métier pour que cela reste drôle et ne soit pas trop pesant. Ce théâtre-là n'a pas la prétention de vous émouvoir et n'a qu'à peine plus celle de vous faire réfléchir mais est bien tourné et vous fera passer un bon moment. # écrit le 11/07/25 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Une pièce méconnue de Victor Hugo 8/10 Voilà une pièce méconnue de Victor Hugo. Pas une erreur de jeunesse qui croupissait dans un fond de tiroir mais une oeuvre écrite quatre ans après Les Misérables que les éditeurs n'ont pas osé publier et qui ne fut finalement éditée... qu'en 1951 ! La forme n'a rien à voir avec le drame hugolien et ressemble plus à un vaudeville. Le fond s'avère plus intéressant. En plaçant dans le logement étriqué d'un couple de jeunes ouvriers la rencontre entre deux mondes – deux ouvriers et deux bourgeois – Hugo a passé quelques messages sur l'inégalité des conditions sociales, malgré les mérites des uns et des autres, posant un regard tendre et bienveillant sur le premier couple, nettement plus moqueur sur le second. Le message n'est qu'assez peu nuancé mais le spectacle est quand même drôle et intelligent. C'est bien joué et vous passerez un excellent moment. Courez vite à la salle Belleville du Théâtre de la Croisée des Chemins - ou prenez d'assaut le théâtre au téléphone ,pour exiger une prolongation ! # écrit le 21/06/25
| -Une fois de plus, Wajdi Mouawad change sa vie en art 10/10 Une fois de plus, Wajdi Mouawad change sa vie en art. Sa " journée de noces " commence par une comédie drolatique fondée sur l'accumulation de ratés (qui, bien que Mouawad ait écrit en pensant plutôt à Kafka, m'a fait penser à la succession d'écroulements de meubles de " La Noce chez les petits Bourgeois " de Brecht). Puis, peu à peu, la dénonciation de la guerre civile libanaise et de ses traumatismes prend les allures d'une farce triste, tantôt absurde, tantôt tragique, dont les protagonistes sont de vrais personnages de théâtre tous sacrément attachants, parmi lesquels Mouawad a placé un alter ego qui fait ce qu'il peut pour essayer de préserver une fin acceptable – mais que peut-on face à la guerre et à la mort ? Il me tarde de comparer la version de 2025 de cette pièce avec celle(s) d'origine. Mais, quoi qu'on doive à la pièce de jeunesse et quoi qu'on doive à la réécriture et à la mise en scène d'aujourd'hui, on peut dire que cette pièce de jeunesse de Wajdi Mouawad annonçait déjà tout son sens du théâtre et tout son talent pour nous émouvoir et dénoncer la guerre en transformant sa vie en une belle et forte oeuvre d'art. Courez vite à la Colline – il reste quelques places – et terminez votre saison de théâtre par une oeuvre personnelle et forte. # écrit le 08/06/25
| -Étincelles d’humanité dans la nuit 10/10 Dans ses écrits, Charlotte Delbo témoigne de sa déportation. Dans ce montage de certains de ces écrits, Marie Torreton nous donne à connaître l'un des messages de Charlotte Delbo : même dans ces camps nazis, certaines prisonnières ont pu résister et parfois survivre, grâce à la solidarité qui les unissait. Un spectacle fort, avec la mise en scène sobre qui convient. # écrit le 03/06/25
| -Rendez-vous manqué 5/10 L'adaptation et la mise en scène de Frédérique Lazarini, au Théâtre Artistic Athévains, m'avaient réconcilié avec Le Cid et effacé mes mauvais souvenirs de collège. Les magnifiques Messagères, d'après l'Antigone de Sophocle, m'avaient quant à elles rapproché de l'univers de Jean Bellorini, après un souvenir mitigé d'autres spectacles que j'avais trouvés beaux mais peu accessibles. Tout était donc là pour que j'apprécie son " Histoire d'un Cid ". Malheureusement, je ne suis pas du tout entré dans le spectacle, comme si tous les efforts qu'il déployait pour nous rendre Le Cid accessible l'éloignaient de moi. Une sorte de bavardage au sein duquel étaient insérées les répliques les plus célèbres sur le ton d'un concours de récitation scolaire, dont le seul intérêt est l'éclairage inattendu sur le personnage de l'Infante. La trame narrative ajoutée à Corneille m'a vite lassé. Tout comédien n'est pas conteur. Je n'ai guère compris non plus l'intérêt de la présence des musiciens sur scène quand, à l'exception de quelques chansons, on se contente de leur faire jouer un fond sonore plongeant les répliques dans de l'ouate tiède. Rodrigue transformé en ludion sauteur, pourquoi ? Quant au décor gonflable, il m'a fait penser à un château de parc Disney. Bref, un rendez-vous manqué. Certains spectateurs ont semblé apprécier; tant mieux pour eux mais je ne les comprends pas et me suis bien ennuyé. # écrit le 25/05/25
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