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Ses critiques Comédies contemporaines: Al Capone -Haut les mains ! 10/10 Une fois de plus, Christophe Delort commet un hold-up. Lui qui a écrit et mis en scène tous types de pièces, mais notamment plusieurs aventures de Sherlock Holmes, s'essaie cette fois à un genre nouveau, inadapté aux plus petits puisqu'il revient sur la vie d'Al Capone. Attendez-vous à de l'action, du grand banditisme, de la corruption et des tirs... mais aussi des rires, car même lorsqu'on parle d'un méchant, on peut divertir de gentils spectateurs. La scène du Théâtre Lés 3 Clés n'est pas grande mais elle donne l'impression d'une immensité, tant il s'y passe de choses variées. Les excellents comédiens qui y œuvrent en alternance n'y sont pas étrangers. Difficile de tous les citer mais on peut avoir la chance de retrouver Florian Maubert et Bénédicte Bourel qui avaient déjà participé aux enquêtes du célèbre détective. Pour parfaire l'ambiance unique et chaudement recommandée, deux musiciens complètent le tableau de la débauche. Avec un faux air (quoiqu'ils jouent juste !) des Blues Brothers, ils nous emmènent dans les bas-fonds de l'ère de la prohibition. Ah, les années vingt ont peut-être fait trembler de peur. Mais celles du siècle suivant en font aussi ressurgir de quoi frémir de plaisir... Et dans ces conditions, tant mieux si sur quatre planches, Al Capone, encore, résonne. # écrit le 17 Juin , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -1, 2, 3, le comte est bon. Vraiment bon ! 9/10 Pour son troisième spectacle, sachant que chacun d'eux reste à l'affiche plusieurs années, Sami revient en force. Remonté comme un coucou, il déborde d'énergie, ce dont les premiers rangs se rendent compte sans tarder, en général... Il est vrai que l'humoriste jubile dans ses interactions avec le public, ce qui explique probablement pourquoi il reste attaché à une salle à taille humaine. Cette fois, pas de griefs contre les rappeurs mais, de nouveau, quelques thèmes puissants et engagés, qu'il partage évidemment sans filtre. Toujours un plaisir, donc, de retrouver celui qui maîtrise comme personne le stand-up et l'improvisation, mais qui n'est malheureusement pas suffisamment lisse pour séduire les médias et prétendre à des audiences familiales... Mais pour les autres, les bons comtes sont de bons amis, alors on attend fidèlement le conteur jusqu'au 4 ? # écrit le 28/08/22
| -Promesse tenue ! 9/10 Franck Desmedt s'est imposé comme une référence dans le style si périlleux du seul-en-scène. Et c'est vrai qu'il faut la tenir, cette pièce ! Tous ceux qui connaissent l'oeuvre, dans sa déclinaison littéraire ou cinématographique, savent que l'histoire a beau raconter la vie de Romain Gary, elle tourne démesurément autour de sa mère, à l'instar du rôle qu'elle a occupé dans le cheminement de l'auteur aux multiples facettes. Un destin exceptionnel, qui méritait qu'une plume le retranscrive (on n'est jamais si bien servi que par soi-même). Le texte est d'ailleurs d'une telle intensité qu'une minuscule estrade et quelques accessoires suffisent. Aucune place n'est faite au superflu, le reste se passe dans la prose et dans nos têtes. Le comédien, que l'on peut qualifier d'unique, en fait une interprétation réussie et démontre qu'une petite salle n'est pas incompatible avec un grand talent. Après une telle soirée, promis, on peut dormir tranquille. Jusqu'à l'aube. # écrit le 13/10/22
| -Nouveau, à saisir ! 10/10 On la sait énergique, des idées à profusion : Christelle Chollet revient dans un tout nouveau spectacle qu'elle joue -parce qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même- dans son propre théâtre, celui de la Tour Eiffel. Et dans Reconditionnée, une fois de plus, on peut dire qu'elle met le paquet. Tel un déménageur, elle va à cent à l'heure, se livrant à des passages racontés, d'autres chantés. Car sa spécificité, c'est de ne pas choisir mais de faire ce qui lui plaît. Elle nous régale avec son humour sur des sujets variés, toujours bien pensés, et nous inonde de ses talents vocaux lorsqu'elle s'attaque, indifféremment, à du bon rock américain, Mistinguette, Diam's ou Céline Dion : All by myself, enfin pas tant que ça, car son public, en nombre, est bien là. À 49 ans, cette artiste accomplie ne perd ni enthousiasme ni dynamisme, elle donne à la fois le la et le tempo. Les spectateurs sont régénérés autant qu'elle est reconditionnée ; pas étonnant qu'elle fasse un carton, chacune de ses représentations éclabousse de joie comme une explosion. Mais ce n'est pas Noël tous les jours, il faut maintenant patienter quelques saisons pour voir à quoi ressemblera l'emballage du prochain cadeau qu'elle se fera un plaisir de nous offrir et que nous nous ferons une joie de recevoir ! # écrit le 05/11/22
| -Bien vu ! 9/10 Au théâtre du même nom, comme il est plaisant d'assister à la renaissance de Baptiste Lecaplain, qui revient toujours chargé à bloc lorsqu'il présente un nouveau spectacle. Tel un phénix, peut-être l'artiste a-t-il plusieurs vies ; en tout cas, il est certain qu'il a plusieurs personnes... dans sa tête ! Fidèle à lui-même, il parle fort, crie, court, bouge dans tous les sens ; nul ne sait s'il se croit dans une salle de sport mais force est de constater que cela travaille sa silhouette. Comme il aime à le faire, il passe en revue une galerie de portraits caricaturaux, avec une imagination sans limites, ou presque, puisqu'il parvient encore à les repousser un peu plus loin lorsqu'il se livre à de l'improvisation. C'est d'ailleurs dans les passages non écrits qu'il témoigne de sa nature véritable avec son grain de folie, difficile à canaliser. Les spectateurs, au moins, se disent qu'ils en ont pour leur argent ; entre sa densité de répliques et son débit de parole, chaque minute qui passe en vaut largement deux, c'est rentable ! Pas de doute, cet humoriste, qui témoigne aussi de ses qualités d'acteur, fait vraiment partie des meilleurs de la scène actuelle. A l'entrée, il voulait voir les gens, alors les gens sont venus le voir ; à la sortie, ils ne voulaient plus lui dire au revoir et se demandaient déjà quand le revoir ! # écrit le 11/12/22
| -Ecoutez bien ! 7/10 Si l'on va voir cette pièce en couple, de trois choses l'une : dans l'ordre de probabilité, soit on est inconscient, soit on assume tout, soit on est irréprochable. Faut le dire vite car notre couple bien aimé a justement quelques reproches à déclarer, non pas qu'il y ait une mauvaise entente entre Pierre Arditi et Evelyne Bouix, mais plutôt parce qu'il y a une trop grande écoute... Paradoxal ? Certainement pas. L'idée est au contraire d'une grande modernité, la parole apprenant à se libérer d'une bouche qui refusait parfois de la laisser prendre l'air. Quand on peut tout se dire, tout peut être dit. Enfin, ça, c'est la théorie ; dans la pratique, est-ce qu'on en est bien sûr ? ... Contre vents et marées, au nom d'une expression publique dans la sphère intime, voici une série de thèmes et de répliques qui apprendront à bien faire la différence entre la pensée brute et la façon de l'exprimer, qui a le choix entre l'être aussi ou bien s'enrober d'un gant de velours, plus délicat et plus doux au toucher, surtout quand on le reçoit au visage. Duel ou plutôt joute verbale, quelques malentendus qui ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd, mais jamais d'agressivité gratuite. Souhaitons que leur relation soit aussi sincère et douce à la ville... # écrit le 29/01/23
| -Bis repetita 10/10 Si on a tendance à penser que l'histoire se répète, cette pièce prouvera le contraire. En abordant les frasques allemandes, non pas pendant la Seconde Guerre mondiale (sujet vu et revu), mais quelques décennies plus tard, de part et d'autre du Mur (sujet qui risque de casser des briques), on prend de la hauteur et on franchit un pas en allant s'intéresser de plus près... à la Stasi. Et si certaines informations permettront de se cultiver, que personne ne s'y trompe, l'objectif reste bien évidemment de se divertir. En la matière, aidé par son complice Gérald Sibleyras, Patrick Haudecoeur fait mouche, comme à son habitude. Avec son talent pour réutiliser les mêmes ingrédients gagnants tout en les sublimant afin de composer de nouvelles recettes, en un tour de main, nous voilà à Berlin. Mais que l'on ne s'en offusque pas, ici, avec une armée de bons comédiens, on rira ! Rien à déclarer ? Si. Même s'il faut parfois s'en dédouaner, question humour outre-Rhin, il y a de quoi se tordre les reins. Le metteur en scène a pris une pelle et s'est creusé les méninges pour parvenir à ses fins, au prix d'un travail acharné (heureusement qu'il y en a qui bosch)... Face à un public d'alliés, le combat est facilement gagné. Théâtre Fontaine, je ne boirai pas de tes mots dans n'importe quelle langue. Mais là, Ich liebe cette comédie, et plutôt deux fois qu'une !! # écrit le 09/02/23
| -Oh le beau bébé ! 9/10 Marc Arnaud a accouché d'un joli petit texte qui n'a rien à voir avec le commun des mortels. Et pourtant, quoi de plus courant que le thème du couple désirant un enfant ? Oui mais voilà, la nuance est ici que cela ne leur est pas possible sans aide médicalisée. Et c'est ainsi que le comédien, seul sur scène, se retrouve à rendre publique son histoire personnelle. Depuis le laboratoire où il doit accomplir certaines étapes d'une simplicité élémentaire, tout va cependant se compliquer. Des questionnements, des doutes, une peur incontrôlable et une tension palpable, bienvenue dans l'intimité d'un homme comme tout le monde mais seul au monde, lorsque sa femme attend déjà en salle d'opération et que le moment est venu de concrétiser ce sur quoi ils s'étaient pourtant mis d'accord. Entre réflexions existentielles et humour incontournable pour faire redescendre la pression, notre héros des temps vraiment modernes cultive brillamment l'empathie du public qui, sans se prononcer sur le sexe, aura inévitablement tendance à le trouver trop chou et à lui souhaiter de voir bientôt la vie en rose. # écrit le 04/03/23
| -Comme à la maison 7/10 Le décor est posé : avec un peu de mobilier dont quelques chaises et une grande table à manger, avant que le spectacle commence, on pourrait s'attendre à une pièce de théâtre. Mais non, pas d'inquiétude, on ne s'est pas trompé de salle, c'est juste que Camille Chamoux nous reçoit... chez elle. Cela contraste avec le stand-up actuel, la plupart du temps dénué de tout accessoire et qui ne cherche donc pas à créer de climat particulier. Ici, c'est tout le contraire, à tel point que plusieurs interactions ont lieu avec le public, parfois même en improvisation, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Dans une mise en scène de Vincent Dedienne, et avec la complicité de Camille Cottin, le texte ne fait pas rire à gorge déployée mais il est construit de façon sensible et intelligente. C'est décidément comme si on passait un agréable dîner chez une amie, avec des moments sérieux et d'autres amusants, à parler du temps qui passe et à retrouver la joie de vivre dans le carpe diem. Cependant l'heure tourne et il faut songer à se quitter. Prenons donc congé avant de rendre l'invitation ; la prochaine fois, Camille, c'est chez nous ! # écrit le 14/03/23
| -Résiste ! 9/10 Voilà une femme qui a prouvé qu'elle existe, en son temps et encore actuellement, dans le coeur des Français. Ses combats ont rempli sa vie, et quelle vie ! Quelle vie... Connue pour avoir occupé des fonctions publiques, elle s'est illustrée en tant que magistrate ou Ministre de la Santé, poste sur lequel elle a notamment défendu le droit à l'avortement. Mais avant cela, alors qu'elle n'était qu'une enfant, elle a aussi connu l'horreur des camps de concentration, en tout cas celui d'Auschwitz. Sans tomber dans le misérabilisme, par une mise en scène sobre et dynamique à la fois, la pièce rend hommage à ses mémoires et décrit un pan d'une Histoire qu'on ne peut oublier, et que Cristiana Reali, secondée par Noémie Develay, incarne à la perfection, bluffante quoique tout en retenue (ce qu'elle a d'ailleurs travaillé), pour reprendre au plus juste les attitudes de Simone Veil. C'est inspirant, c'est émouvant, c'est révoltant, également. Car le temps qui passe n'efface pas les cicatrices causées par de profondes blessures. Et pourtant, quelle leçon, quand on sait qu'elle-même a dit pardonner ceux qui leur avaient fait ça, à elle, à sa famille, à ses proches... Et aux autres. Ce récit enchante. Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens Si j'avais été allemand ? # écrit le 18/03/23
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