Avis et critiques : Lecture-rencontre avec Catherine Gil Alcala
7 critiques
Cette animalité est omniprésente dans les rêves, où le monde se disloque : des morceaux d'arc-en-ciel tombent, les aiguilles d'une montre tournent à l'envers, le ciel se remplit du " zonzonnement des extra-terrestres ", " des larmes galactiques tombent " sur le dormeur,...
Pythie au verbe noir et flamboyant, elle pousse les mots à leur paroxysme pour nous faire basculer de l'autre côté, du côté du grand rire salvateur, où rien n'est sérieux, tout est primordial.
La poésie a cela de fascinant qu'elle peut être à la fois ouverte à toutes les interprétations et à la fois terriblement précise dans ce qu'elle veut transmettre.
Cosmogonie individuelle, l'inspiration de Catherine Gil Alcala est de ces aérolithes mentaux où notre réalité se retrouve métamorphosée, transfigurée, au point phosphoreux de son Théâtre Poésie animé par le souffle protéiforme d'une pensée magique...
... de l'Apocalypse johannique aux figures d'Apollinaire, ... une poésie verte et capiteuse, où coulent les semences et les sécrétions, qui versent une sorte le lait brûlant du désir au milieu des pages...
On n'a probablement pas lu quelque chose d'aussi fantaisiste depuis Novarina, on n'a pas lu quelque chose d'aussi éclaté depuis Heiner Müller. C'est radical, un peu dans l'esprit d'Artaud, on a quelque part Artaud aussi dans le titre. Ça défie l'imagination.(Émission Tempête sur les planches)
Oui, nous sommes bien dans un théâtre de chair, dans une création organique dont la langue est le mouvement de macération, qui se trouve en phase avec des forces dionysiaques, ivres, Ménades qui courent et se défont, dans une sorte de tragédie eschylienne...
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