Ses critiques
| 22 pages de résultats triés par | | -Un beau classique au message féministe émancipateur 10/10 Les mauvaises langues diront que la forme est académique. Je dirais plutôt que c'est du beau théâtre classique, qui est d'autant moins daté que le message reste émancipateur. Comme Marivaux peu avant lui, Goldoni bouscule les codes entre maîtres et servants et, plus encore, les codes entre femmes et hommes. Les comédienn.es sont impeccables, la mise en scène aussi, c'est enlevé et la soirée passe vraiment très vite. La scénographie, avec décors réalistes et plateaux tournants, compense son manque de modernité par une belle facture. Bref voilà un spectacle excellent qui nous fait passer une très belle soirée. # écrit le 29/09/24 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
| -Quelle était l’intention de l’auteur ? 5/10 La lecture de la note d'intention de Baptiste Amann m'avait convaincu de la complexité de sa démarche, sans vraiment m'éclairer sur elle, mais l'avant-propos projeté au début du spectacle (" Ceci est la reconstitution bien réelle d'évènements absolument fictifs... ") avait émoustillé ma curiosité, me donnant envie de découvrir une belle exception à la maxime de Boileau sur ce qui se conçoit bien et s'énonce clairement. Le désir de dévoiler le mystère de ce qui relie les quatre lieux de l'action de la pièce m'a tenu en haleine un certain temps. Las, le metteur en scène abuse des passages où les comédiens jouent sur un fond musical tonitruant, voire assourdissant, des scènes sans texte qui, à une exception près (la lutte entre policier et suspect dans les sous-sol du commissariat), n'ont aucun sens évident pour le spectateur. En fin de spectacle, plusieurs personnages clés nous livrent leur vérité dans des monologues plus ou moins clairs. On comprend ceux des proches de la victime et de l'accusé. D'autres, notamment celui d'Indra, m'ont semblé par contre totalement abscons. Dans l'entretien livré aux spectateurs avec la note d'intention, on apprend qu'Amann revendique une " dramaturgie de l'irrésolu ". Si je peux comprendre qu'il veuille laisser le spectateur libre de se faire une opinion après l'exposition d'une problématique, je dois dire que je suis reparti de ce spectacle sans avoir identifié quelle était la problématique dont B. Amann souhaitait nous saisir. # écrit le 25/09/24
| -Une construction confuse pour une pièce qui donne la part belle aux acteurs 6/10 (Spectacle vu à Aubervilliers en septembre 2024) Il s'agit des Atrides mais le spectacle de Jean-François Sivadier n'a rien d'une tragédie racinienne. Il s'agit plutôt d'un joyeux mélange des genres, entre farce et tragi-comédie, dont le principal intérêt est de permettre à cette troupe de jeunes acteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes et, probablement, d'y prendre un grand plaisir. Sivadier est un grand professionnel de la mise en scène mais aussi de l'écriture théâtrale. Il voyage ici dans tous les registres de de la langue française, de la plus triviale à la plus soutenue, en passant par un savoureux subjonctif de cuisine. On prend plaisir à assister à ce spectacle. Malheureusement, au fil de la représentation, ce plaisir s'émousse en raison d'une construction confuse : on commence par découvrir la deuxième génération des Atrides, celle d'Agamemnon et Ménélas et de la Guerre de Troie. Puis on revient en arrière, à la première génération, celle d'Atrée et son frère Thyeste. Après l'entracte, s'entremêlent l'histoire de la troisième génération, celle d'Iphigénie, Oreste et Electre et une pièce de théâtre jouée par des ringards et consacrée à Agamemnon et Clytemnestre. Tout cela est bien confus et je reconnais avoir décroché et suivi d'un peu loin la péroraison finale consacrée au théâtre. # écrit le 22/09/24
| -"à Moscou" inaudible ? / Tchekhov quand même 7/10 Tchekhov est un auteur à l'oeuvre fragile et il est facile de le rendre ennuyeux ou de le dénaturer. Tel n'est point le cas de la mise en scène de Julie Brochen, grande connaisseuse du maître russe. Dans sa version des Trois Soeurs, les tensions entre personnages sont moins feutrées que dans d'autres mais Tchekhov est respecté, ni dénaturé, ni ennuyeux. Pour autant, je suis un peu resté sur ma faim. Le programme distribué aux spectateurs, mais aussi le prologue vidéo et l'épilogue vidéo donnant la parole à Ariane Mnouchkine en héroïne théâtrale soutenant l'Ukraine contre l'envahisseur russe nous promettent une nouvelle lecture des Trois Soeurs. Je dois admettre que je ne l'ai pas perçue dans la pièce qui nous était donnée, ne voyant pas en quoi cette fin de règne russe pouvait nous en annoncer une autre. # écrit le 15/09/24
| -Après quoi court-il ? 7/10 Donner seul sur scène un texte tiré d'un roman n'est jamais chose aisée. Le défi est ici relevé, avec une mise en scène efficace et un bon acteur. La seule question qui vaille finalement pour apprécier l'intérêt de ce spectacle est celle de l'intérêt de ce texte. J'ai apprécié les moment où Colin parle de sa famille ou de ses activités de délinquant; d'autres passages sont moins convaincants. Il ne reste en fin de compte qu'un double questionnement, que le spectateur emporte : après quoi Colin court-il ? Que fuit-il en renonçant à la victoire ? # écrit le 14/09/24
| -Ne pas se fier au titre ! 8/10 Cette pièce engagée et très bien écrite (fort bien jouée aussi, au demeurant) démonte la façon dont l'Occident instrumentalise la démocratie et autres valeurs universelles pour assoir sa mainmise sur le Tiers-Monde. Cette pièce n'est en rien complaisante avec Khadafi (d'ailleurs, il est plus question de la Caraïbe et de l'Afrique en général que de la Libye). Elle affirme que le Tiers-Monde doit trouver sa propre voie, loin des colonisateurs, sans toutefois définir comment cette voie peut être trouvée, ni dire si la démocratie est une valeur purement occidentale ou bien une valeur universelle pervertie par l'Occident. # écrit le 09/06/24
| -Rendre justice à Camille Claudel 8/10 Ce spectacle, qui met en scène la correspondance de Camille Claudel, lui rend justice de façon très émouvante. La manipulation du papier, pleine de trouvailles aide créativité, complète les mots, ne se contentant pas de les illustrer. # écrit le 05/06/24
| Cirque Contemporain: Sono io ? -Émouvante transmission 9/10 Ça commence doucement, lentement même; puis, petit à petit, tout se met en place. Père et fils, clowns musiciens, nous régalent de leur complicité drôle et émouvante, dans un très bel hommage d'un père à son fils, un fils excellent d'expressivité. # écrit le 31/05/24
| -Portrait sensible et engagé 9/10 Issam Rachyq-Ahrad a du talent. Il sait, avec beaucoup de subtilité, marier charme et intelligence pour dresser avec beaucoup d'affection le portrait sensible de sa mère mais aussi, dans un même mouvement, faire passer son engagement contre la haine et le racisme. Quant le spectacle se termine, on regrette qu'il fût si court. # écrit le 25/05/24
| -Léger mais sans rythme 7/10 On sait qu'on ne vient pas là pour un pensum intellectuel mais pour un moment de légèreté. Les comédiens, la mise en scène et, bien sûr, les textes de Goldoni nous donnent cette légèreté. Dommage que les intermèdes de présentation destinés à laisser le temps aux comédiens de se changer entre deux scènes plombent le rythme. # écrit le 19/05/24 , a vu cet évènement avec BilletReduc.com
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