Avis et critiques : Soeurs
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5 avis
On en ressert pas indemne.
Si l’on a aimé clôture de l’amour, on adorera sœurs. Si l’on a détesté clôture de l’amour, on ne se laissera sans doute pas happer par ce duo, et l’on aura tort. Il n’est plus ici question de la succession de deux très longs monologues mais de dialogues enflammés, d’une grande violence, entre deux sœurs qui se parlent mais ne s’écoutent pas. La détestation est sublimée par une écriture remarquable. Si les mots d’Audrey Bonnet restent parfois étouffés par la colère, ceux de Victoria Quesnel font toujours mouche. La pièce est exigeante mais on en sort sonné, admiratif.
Deux sœurs, Audrey (Bonnet) et Victoria (Quesnel) s'affrontent dans un déchirant duel où jalousie, haine, ressentiment, détresse mais aussi tellement d’amour, sont hurlés dans une violence folle ! Une langue forte et ravageuse pour un règlement de comptes bouleversant, tant sur le plan de l'intimité du lien familial que sur les enjeux dans une société au bord du gouffre. Ainsi, la douloureuse tirade d’Audrey sur l'agonie de la mère m'a laissée aussi pantelante que celle de Victoria sur la tragédie des migrants ! Pascal Rambert offre à deux comédiennes hors normes une double partition incandescente !
Cette pièce ne laisse pas le spectateur indemne. Elle exige une grande disponibilité et beaucoup d'attention. Malgré tous nos efforts, mes amies et moi sommes sorties de la salle épuisées par ces cris incessants et ces règlements de compte permanents. Pendant toute la représentation, rien n'avance réellement et tous les sujets semblent devenir prétextes à l'affrontement. Rien ne s'apaise. Le moment de danse entre les comédiennes offre une respiration bienvenue et laisse espérer une suite plus sereine. Mais cette accalmie est de courte durée : les tensions repartent de plus belle. Tenir une heure et demie à écouter des personnages se hurler dessus demande une véritable endurance. Si l'intention du metteur en scène était de faire ressentir la violence des relations humaines, l'objectif est atteint. Pour ma part, j'ai surtout ressenti une grande fatigue face à cette accumulation de conflits et d'agressivité.
Ca crie, ça hurle sa douleur... Deux soeurs règlent leurs comptes - jalousie, sentiment d'abandon, que l'autre est la préférée, rapports au père, à la mère - se lancent à la figure toutes leurs rancoeurs, leurs regrets. Mais cette hystérie ne règlera rien, aucun happy end. Difficiles les relations entre deux soeurs, c'est du vécu ! Avec le temps et un peu d'intelligence, les choses s'apaisent, parfois, souvent... Pièce bien jouée, d'accord, mais ces perpétuels hurlements m'ont empêché de comprendre une partie des dialogues, que j'ai plutôt "devinés". Et j'en ai un peu assez de ces représentations de femmes toujours dans la complainte et la lamentation, parfois j'ai envie de leur dire, "Un peu de tenue, que diantre !" Je précise que je suis de sexe féminin... Ceci dit, j'aime beaucoup ce théâtre, son aspect un peu vieillot...