Bio et parcours
Bun Hay Mean, surnommé le « Chinois marrant », s’est imposé comme l’une des figures singulières du stand-up français des années 2010. Né en Gironde d’un père chinois et d’une mère cambodgienne, il grandit avec une histoire familiale marquée par l’exil. Adolescent plutôt réservé, il écrit des textes et découvre presque par hasard qu’il peut faire rire en les lisant sur scène. Il se forme ensuite à l’improvisation, tout en poursuivant des études d’informatique.
À 24 ans, il quitte Bordeaux pour Paris afin de tenter sa chance dans l’humour. Les débuts sont loin d’être glamour : il écume les scènes ouvertes, les bars et les restaurants et connaît même plusieurs mois de grande précarité. Sa rencontre avec Alain Degois, alias « Papy », fondateur de Déclic Théâtre, change la donne. Ce dernier le met en relation avec Jamel Debbouze, qui lui ouvre les portes du Jamel Comedy Club. Bun Hay Mean rejoint l’émission en 2014, lors de sa septième saison, et se fait rapidement remarquer par son énergie et son humour sans filtre.
Sur scène, il cultive un style frontal, nerveux et volontiers provocateur. Avec le personnage du « Chinois marrant », il joue avec les stéréotypes, les différences culturelles, le racisme, les relations humaines et les absurdités du quotidien. L’autodérision occupe une place centrale dans son écriture : les clichés deviennent une matière comique qu’il retourne dans tous les sens, sans se limiter à une seule identité ou à un seul sujet.
Son premier spectacle, Bun Hay – La France aux Chinois, voit le jour en 2009. Il développe ensuite Chinois Marrant dans la légende de Bun Hay Mean, puis un spectacle simplement intitulé Bun Hay Mean. Ses passages au Montreux Comedy Festival, ses tournées en France et dans la francophonie ainsi que ses apparitions dans différents plateaux d’humour contribuent à installer durablement son nom dans le paysage du stand-up.
Bun Hay Mean ne se contente pas du stand-up. Il passe également devant la caméra, notamment dans De l’huile sur le feu et Comme un chef, avant de retrouver Éric Judor dans Problemos en 2017 et dans la série Platane. Il apparaît ensuite dans Craignos et Carrément craignos de Jean-Pascal Zadi, ainsi que dans plusieurs comédies. En 2023, il interprète Deng Tsin Qin dans Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu de Guillaume Canet, rôle qui lui offre une visibilité supplémentaire auprès du grand public. Les Chèvres !, sorti en 2024, fait partie de ses dernières apparitions au cinéma.
Avec Le Monde appartient à ceux qui le fabriquent, il poursuit son exploration d’un humour à la fois très personnel et plus introspectif. Son dernier spectacle, Kill Bun, fait notamment entrer davantage de matière autobiographique dans son écriture. Il y aborde des sujets plus intimes, tout en conservant cette manière très directe de transformer les zones de malaise en terrain de jeu comique. Le spectacle devait notamment être présenté à l’Apollo Théâtre au printemps 2025.
Bun Hay Mean est mort le 10 juillet 2025 à Paris, à l’âge de 43 ans, après une chute accidentelle depuis un immeuble. Sa disparition a interrompu une carrière en pleine évolution, entre scène, cinéma et écriture. Son parcours reste marqué par une voix comique immédiatement identifiable : explosive, irrévérencieuse, traversée par les questions d’identité et nourrie par une grande part d’autodérision.
Pourquoi on aime Bun Hay Mean ?
Son énergie électrique
Le stand-up sans filtre
L’autodérision mordante
Les clichés retournés