Bio et parcours
Bernard Lavilliers, de son vrai nom Bernard Ouillon, grandit dans le Saint-Étienne ouvrier de l’après-guerre. Fils d’un ouvrier de la Manufacture d’armes de Saint-Étienne et d’une institutrice, il se passionne très tôt pour la musique et la littérature. Adolescent, il travaille comme tourneur sur métaux tout en pratiquant la boxe. Mais l’usine n’aura pas le dernier mot : Lavilliers choisit rapidement les chansons, la guitare et les voyages.
Ses débuts professionnels remontent à la fin des années 1960. Il sort ses premiers 45-tours en 1967, puis son premier album, Chanson pour ma mie, en 1968. Ses premières chansons portent l’empreinte de Léo Ferré, dont il admire la liberté d’écriture, mais Lavilliers développe rapidement une personnalité bien à lui : une voix grave, des textes très narratifs et un goût prononcé pour les rythmes venus d’ailleurs.
Le voyage devient justement l’un des grands moteurs de son œuvre. Amérique latine, Brésil, Afrique, Caraïbes : Lavilliers nourrit ses chansons de rencontres, de paysages et de réalités sociales. À partir des années 1970, il mélange chanson française, rock, reggae, salsa, rythmes latino-américains et influences africaines. Les Barbares (1976), 15e Round (1977), O Gringo (1980), État d'urgence (1983) et Voleur de feu (1986) installent durablement son personnage de chanteur voyageur, aussi à l’aise dans les ports imaginaires que dans les paysages industriels.
Avec O Gringo, notamment, Lavilliers affirme une écriture où l’exotisme n’est jamais très loin de la critique sociale. Puis viennent des chansons devenues emblématiques comme Noir et blanc, If, On the Road Again, Idées noires, La Salsa ou Les Mains d’or. Cette dernière, publiée sur Arrêt sur image en 2001, rend hommage au monde ouvrier et sera notamment associée à ses prises de parole auprès des sidérurgistes lorrains.
Son répertoire continue de voyager entre engagement et ouverture musicale. Carnets de bord (2004) fait notamment entendre des influences africaines et latino-américaines ; Causes perdues et musiques tropicales (2010) lui vaut la Victoire de l’album de chansons en 2011. Il poursuit ensuite son exploration avec Baron Samedi (2013), 5 minutes au paradis (2017) et Sous un soleil énorme (2021).
Lavilliers entretient également une relation particulière avec la poésie et les grands auteurs. Son admiration pour Léo Ferré donne naissance à plusieurs projets, dont Lavilliers chante Ferré, enregistré avec un orchestre symphonique en 2006. Il s’intéresse aussi à Blaise Cendrars et à Guillaume Apollinaire, dont il interprète ou met en musique des textes.
En novembre 2023, il publie Métamorphose, un album qui revisite son répertoire avec un grand orchestre, sous la direction et les arrangements de Cyrille Aufort. Quarante-huit ans de chansons y sont réinterprétés, de La Grande Marée à La Bandiera Rossa, avec notamment Flavia Coelho sur O Gringo.
En 2024, Bernard Lavilliers reçoit une Victoire d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
Bernard Lavilliers, le palmarès
Pourquoi on aime Bernard Lavilliers ?
Ses chansons voyageuses
Son rock métissé
Ses textes engagés
Ses rythmes tropicaux