Théâtre contemporain à Seine-Saint-Denis (93)
Les nouveautés
Les fleurs d'un malentendu
Le Colombier
Le 20 août 1857 s'ouvre le procès des Fleurs du Mal qui condamne pour offense à la morale publique son auteur, Charles Baudelaire, à une lourde amende et à la suppression de 6 poèmes de son recueil. Pour le poète, profondément blessé, cela n'est qu'un malentendu. La pièce Les Fleurs d'un Malentendu s'empare de façon décalée de cette histoire pour rejouer sur scène par tableaux et avec un rythme effréné la vie de Charles Baudelaire, ainsi que la naissance de son oeuvre magistrale Les Fleurs du Mal et le procès qui l'a condamnée. À la fin de sa vie, Baudelaire séjourne en maison de santé. Atteint d'aphasie et de troubles mentaux, il est assailli par ses obsessions. Cette chambre d'hôpital constitue notre point de départ. La nuit et le silence sont le berceau propice aux hallucinations, à la venue des fantômes. La chambre obscure se transforme, se peuple de mirages, de présences. Au seuil de sa mort, toute sa vie défile. C'est le grand bal qui convoque les figures du passé. La réalité bascule alors. Le théâtre remplit sa fonction quasi-rituelle et sacrée, tordant le cou au temps irréversible.
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dès 11,95€
Ordre du jour
Le Colombier
Bastien et Chloé, journalistes en début de carrière, travaillent pour une émission qui a fait de la provocation son fonds de commerce. La pression professionnelle est forte, l'attraction entre les deux jeunes journalistes, impérieuse. Leur histoire les embarque, le tempo s'emballe, s'accélère, écrase au passage les désaccords. Le parti-pris de l'écriture est d'insérer le couple dans le coeur battant de la société et de les suivre de réunion en réunion : travail, copropriété, famille, mairie, récupération de points. À l'ordre du jour : Bastien et ses principes, Chloé et ses projets. Questions diverses : concessions, résistances, aveuglements et prises de conscience. Quatre comédiens et comédiennes endossent des costumes différents pour chaque scène. Au-delà de l'histoire d'amour entre Bastien et Chloé, l'objet principal d'Ordre du jour est la parole : sa captation, sa circulation, sa manipulation, son impact ou son absence totale d'impact. Qui prend le pouvoir ? Qui parle ? Est-ce que chaque personne en présence a eu l'occasion de s'exprimer ? À travers Bastien et Chloé, le public voit en temps réel l'un se taire quand il faudrait parler, l'autre pactiser quand il faudrait rompre. Agnès Marietta a rencontré Julien Gallix alors qu'il était apprenti au Studio/Esca d'Asnières et qu'elle donnait un stage d'écriture dans le cadre de l'école. L'un et l'autre ont pour projet de faire un théâtre de dialogues, de situations comme un miroir tendu au public, grossissant les travers et les contradictions de la société dans laquelle on vit. Lieu de vérités et de mensonges, de dissimulations et de révélations, le plateau célèbre l'extraordinaire de la vie ordinaire.
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Depuis mon corps chaud
Le Colombier
"Depuis mon corps chaud", de Gwendoline Soublin est l'aboutissement d'une résidence d'écriture qui a eu lieu pendant l'été et la rentrée 2020 en pleine pandémie de Covid 19 auprès des étudiant.e.s et formatrices de l'Institut de formation de soins infirmiers des hôpitaux universitaires de Strasbourg. Ce texte est un magnifique témoignage et un vibrant hommage à tous les métiers de la santé, infirmiers, ... Confrontés à la fin de vie. Dès le début de la représentation, nous sommes face à celui qui est témoins de sa mort prochaine. Il se délivre de sa vie chaotique, il n'a pas d'identité, il est sans domicile fixe. Il a été découvert inconscient près de l'Hôtel de Ville. En cette nuit d'hiver, il nous livre quelques éclats de vie et nous confie tout ce qu'il souhaite emporter avec lui ; des révoltes, l'injustice, l'amour maladroit d'une mère, le harcèlement d'un entraîneur de football, le premier baiser, l'impasse "nique ta mère", l'héroïne, la picole, les feux de la Saint-Jean, les bras levés de la victoire... Puis, celle qui reste, cette jeune infirmière en formation témoigne à son tour. Elle est de la campagne, elle est arrivée en ville pour intégrer l'institut de formation de soins infirmiers, elle ne connaît la mort qu'à travers celle d'un lièvre dépecé. Et là maintenant elle sait qu'elle va vivre "son premier mort dans le box 8 de cet hôpital..." "Depuis mon corps chaud" est un appel à la fraternité, à la solidarité, à l'altérité. Un texte initiatique de la vie à la mort et de la mort à la vie depuis notre corps chaud. Un appel à la vie.
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Lecture : Faire corps
Le Colombier
L'ouvrage en cours mêle des bribes d'entretiens réalisés avec des habitant.e.s le long de la marche, des notes de voyage constituées des descriptions des chemins empruntés et des paysages, mais aussi des sensations, des émotions, éprouvées durant cette traversée. Un ensemble perceptif transmis sous la forme de poésie documentaire.
dès 1€
la Trilogie de la révolution de Santiago Sanguinetti
Le Colombier
Sur la théorie de l'Éternel retour appliqué à la révolution dans les Caraïbes : quatre soldats uruguayens sont assiégés par des révolutionnaires armés à Port-au-Prince. Une brève apologie du chaos alimenté par la testostérone dans les rues de New York : Benjamin, jeune étudiant en biologie part à Manhattan avec Nicolas, son grand-père, et Bélén, sa petite amie, pour perturber des recherches sur la génétique à l'université de Columbia...
dès 1€
Argument contre l'existence d'une vie intelligente
Top résa
Le Colombier
Argument contre l'existence d'une vie intelligente dans le Cône Sud, premier volet de la Trilogie de la révolution de Santiago Sanguinetti, est une pièce qui concentre son action autour de quatre personnages exclusivement jeunes dans un espace clos face à une situation extrême. Dans le texte original, quatre étudiant.e.s projettent un triple attentat dans des facultés du Cône Sud (Uruguay, Chili, Argentine) comme action directe inaugurale à la révolution sociale : les références à la culture pop croisent les sujets emblématiques de la pensée révolutionnaire latino-américaine du milieu du XXe siècle. Un véritable terrain de jeu pour le débat politique qui intègre la pensée des gauches révolutionnaires et sa critique, avec une perspective contemporaine et latino-américaine. En étroite collaboration avec l'auteur, qui préconise "l'actualisation des références en fonction du pays où serait montée la pièce", je décide de travailler à son adaptation. La Compagnie Bleu Nuit est composée d'anciens élèves de l'école la Cie Maritime de Montpellier, formation au cours de laquelle ils rencontrent la metteuse en scène Ana Karina Lombardi, traductrice de l'auteur uruguayen Santiago Sanguinetti qui porte haut le goût du jeu au sens premier. La scène est un champ d'expériences, un terrain d'exploration ! Des situations les plus absurdes, d'une logique qu'il s'amuse à pousser jusqu'au paroxysme, découlent des dialogues hilarants et tendus. Nos quatre jeunes étudiant.e.s françai.se.s s'attaqueront à la Sorbonne, à la Freie Universitât de Berlin et au King's College de Londres ! Dans un appartement parisien, vont s'entrechoquer références de la culture pop, de Keny Arkana, Taxi Driver et Daft Punk... En passant par l'héritage de la pensée révolutionnaire de mai 68... De Jean Paul Sartre à Guy Debord ! Sans oublier la montée des extrêmes droites européennes depuis la fin du XXe siècle. Alors que reste-t-il de notre héritage révolutionnaire de mai 68, une fois passé à la moulinette de la mondialisation et de sa culture pop ? "Tout faire péter à la Sorbonne !". Est-ce vraiment la première chose à faire pour démarrer la révolution sociale ? Une heure avant le passage à l'acte, dans un appartement parisien fait de bric et de broc, la tension monte : dialogues absurdes et propositions loufoques pour que quelque chose bouge enfin ! Un spectacle politique, à l'écriture singulière et venue d'ailleurs, qui se frotte à notre histoire contemporaine et à sa violence.
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Nicole Charpail dans Journal de bord : Personne-Acteur-Personnage
Le Colombier
Ce journal témoigne de comment fut vécu et réfléchi, sur tous les plans, un laboratoire de création théâtrale et audiovisuelle mené pendant plus de 10 ans avec des personnes de toute condition dont des personnes extrêmement marginalisées. Chacune d'elles y fabriquait une dramaturgie personnelle à partir de ses propres questionnements existentiels, éthiques, sociaux. Une démarche de maïeutique semblable à celle dont j'use pour " Miss Griff ", qui part donc de la personne et de sa réalité pour inventer le seul personnage qui peut dire ce qu'elle ne peut pas dire.
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Miss griff mess' pour les nuages et les malades mentaux
Le Colombier
En face des spectateurs, Miss Griff n'a qu'un prie-dieu en place de chaire ; et c'est pour la "poignée de monde qui doit arrêter la marche du monde" qu'il lui vient d'inventer une liturgie de sa veine – sauf que cela s'avère périlleux : D'une part, elle craint que l'assemblée en face d'elle soit pour majorité composée de mécréants de toute confession, auxquels se rajoute le mal croyant de toute conviction. Sans compter ceux qu'elle pressent "par trop privés d'accès au minimum symbolique, fermé à toute métaphysique". D'autre part, difficile de célébrer la bonne nouvelle d'une rédemption espérée de plus haut – non pas qu'il n'y aurait pas de haut – mais depuis que les hommes sont devenus capables de détruire la création. Et comme si cela ne suffisait pas : voici que l'homme qu'elle aime – dont le cerveau déraille et la vie se déglingue – qui la poursuit et hante les coulisses de ce cérémonial. Et lui, il dit : "Je suis possédé du diable". Pour lui – un de ces hommes sacrifiés par la conjoncture – on attend plutôt la venue des ambulances. Écartelée entre ce qui tourmente sa vie intime et son obligation publique, la Miss risque fort de déraper. Il semblerait que la scène devienne un piège – mais comme l'existence – où elle a "involontairement décidé" de tomber. "Dieu merci", entre elle et les spectateurs, il y a un très providentiel médiateur : Pierre, le régisseur, qui s'occupe à même la scène de recadrer comme d'éclairer tous ses débordements et étranges métamorphoses physiques. Dès lors, faisant appel à la grâce autant qu'au forceps, c'est à travers le récit d'une "Passion", dans tous les sens du terme, que les deux en viendront à transmuter en "rituel" une interpellation qui relève d'un effort pour penser au-delà du pensable. Pour le cas où il y aurait une autre "Bonne Nouvelle" : Parce qu'il a dit "Je suis l'obscurité du monde". Et qu'il semble à la Miss, "en le voyant qui sombre, qu'en lui s'est justement retranchée la lumière". Alors "à Temps Extraordinaires", Mess' Extraordinaire. Spécialiste de se prendre les pieds dans tous les " rituels " de prise de parole, la Miss les bouleverse tous, mais en même temps les interroge et fait valoir leurs fondements. En premier lieu c'est la convention théâtrale que Miss Griff bouscule tout en s'en servant. Mais ici en l'occurrence, et tandis que chacune des parties (rigoureusement suivies) de sa Mess' peut "partir en cacahuètes", c'est aussi le plus "théâtral" des rituels religieux qu'on connaisse qu'elle offre à reconsidération, puisqu'ici c'est précisément sur un "drame" – de taille gigantesque – que s'appuie et se déroule toute sa construction. Si ses dérapages prêtent à sourire ou a contrario à grincer, on souhaite ici avant tout qu'ils prêtent à "penser".
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