Bio et parcours
Franz Schubert est un compositeur autrichien majeur du début du XIXe siècle, à la croisée du classicisme viennois et du romantisme. En seulement 31 années de vie, il laisse une production exceptionnelle : lieder, symphonies, musique de chambre, sonates pour piano, œuvres chorales et musique sacrée. Une carrière très courte, donc, mais une playlist franchement déraisonnable.
Né près de Vienne en 1797, Schubert grandit dans une famille où la musique occupe une place importante. Son père est instituteur et lui enseigne notamment le violon, tandis que son frère Ignaz lui apprend le piano. Ses qualités vocales lui permettent ensuite d’intégrer la chapelle impériale de Vienne et le Stadtkonvikt, où il reçoit une solide formation musicale.
Il étudie notamment auprès d’Antonio Salieri et commence très jeune à composer de manière intensive. Après avoir brièvement travaillé comme instituteur dans l’école de son père, Schubert choisit progressivement de consacrer sa vie à la musique, malgré une situation financière souvent fragile.
Le lied devient l’un de ses territoires de prédilection. Schubert en compose plus de 600, donnant au genre une dimension nouvelle grâce au dialogue entre la voix et le piano. Parmi les plus célèbres figurent Le Roi des aulnes (Erlkönig), Marguerite au rouet (Gretchen am Spinnrade) et La Truite (Die Forelle). Chez lui, le piano ne se contente pas d’accompagner : il raconte lui aussi l’histoire.
Deux grands cycles occupent une place particulière dans son œuvre vocale : La Belle Meunière (Die schöne Müllerin) en 1823 et Le Voyage d’hiver (Winterreise) en 1827, tous deux composés sur des poèmes de Wilhelm Müller. Amour, solitude, voyage et désillusion y dessinent un romantisme nettement moins porté sur les bouquets de roses que sur les promenades glaciales en pleine crise existentielle.
Schubert compose également plusieurs symphonies, dont la célèbre Symphonie n°8 « Inachevée ». Écrite en 1822 et laissée avec seulement deux mouvements entièrement orchestrés, elle ne sera créée publiquement qu’en 1865, plusieurs décennies après sa mort. Un titre involontairement excellent pour assurer la postérité.
Sa musique de chambre compte elle aussi parmi les piliers du répertoire. Le Quintette « La Truite », le Quatuor « La Jeune Fille et la Mort » ou encore le Quintette à deux violoncelles en ut majeur continuent d’être régulièrement interprétés. Au piano, ses sonates, impromptus et Moments musicaux occupent également une place centrale dans les programmes de récital.
Une grande partie de sa musique est jouée dans le cercle de ses proches lors de réunions qui prendront le nom de Schubertiades. La reconnaissance publique reste cependant incomplète de son vivant. Après sa mort en 1828, plusieurs musiciens participent à la redécouverte de ses partitions, notamment Robert Schumann, qui retrouve en 1839 le manuscrit de la grande Symphonie en ut majeur.
Aujourd’hui, Schubert appartient pleinement au répertoire des concerts classiques, récitals de piano, musique de chambre et concerts lyriques. Deux siècles plus tard, ses Schubertiades ont simplement changé de salles — et heureusement, on peut désormais réserver sa place.
Franz Schubert, ses spectacles à l'affiche à Paris
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