Avis et critiques : Hitchcock et Mary Rose
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26 avis
Des comédiens au service d'un texte et d'une histoire qui nous emportent dès les premières répliques et même si l'on connaît la vie d'Hitchcock ou le projet de ce film, on se laisse absorber par le jeu des comédiens.
Le texte est remarquable et les acteurs sont excellents surtout Prat dans le rôle de Hitchcock.
Les trois acteurs offrent une performance de grande qualité.
rien d'autre à ajouter!!!??
Eric Prat est tres convaincant en A. Hitchcock , melanie page est facinante dans sa double interpretation de tippi Herrenn / Mary Rose Original decor des images videos en arriere plan qui nous font entrer dans le script
Le comédien qui joue Hitchcock est formidable. Les deux autres comédiennes sont également très bien. On hésite entre fascination et répulsion pour le personnage.
Une plongée dans l’univers du « maître »… un moment suspendu hors du temps… un casting parfait.. les rouages si bien huilés d’un scénario qui dérange… ça grince juste comme il faut ! Un grand bravo !!! J’ai adoré.
Inspiré de faits réels cette superbe pièce met en avant le vrai visage de Hitchcock avec certaines de ses comédiennes. Félicitations à toute la troupe. Beaucoup d émotions. La pièce à voir en ce moment. Mention spéciale pour Mélanie Page d une justesse digne des plus grandes. Merci. Jean-Philippe
Basé sur une intrigue réelle fascinante et vénéneuse, écrite par le dramaturge britannique Michael Sadler et mise en scène habilement, par une esthétique soignée aux accents cinématographiques, par Christophe Lidon, la pièce lève le voile sur la face cachée du maître du suspense. Elle s'impose comme un thriller psychologique haletant. L'histoire met en scène Alfred Hitchcock réunissant sa scénariste et sa muse fétiche, Tippi Hedren, pour leur faire lire l'adaptation de Mary Rose (l'œuvre fantastique de J.M. Barrie, l'auteur de Peter Pan), un nouveau projet reflétant plus sa personnalité et une mise en abyme de celui-ci. En effet, ce huis clos expose peu à peu les obsessions du cinéaste et la tension palpable d'un rapport de force. Cette banale réunion de travail va rapidement se transformer en thriller, digne du maître du suspense. La composition est brillante des trois comédiens avec Éric Prat incarnant un Hitchcock à la fois troublant et d'une précision redoutable, tandis que Mélanie Page (dans le rôle de Tippi Hedren) et Marjorie Frantz complètent ce trio incisif, naviguant entre les strates de la fiction et de la réalité. On remarquera aussi en fond une résonance moderne (avant-gardiste de MeToo) : Au-delà de l'hommage cinéphile au Hollywood des années 1960, la pièce touche juste en auscultant l'emprise psychologique et le harcèlement subis par les actrices de l'époque. Elle met en lumière le courage de Tippi Hedren face aux pressions du maestro, agissant comme un écho saisissant et précurseur des combats contemporains. Rythmée, intelligente, cette création offre une plongée captivante dans les zones d'ombre d'un génie du septième art.
Avec Hitchcock et Mary Rose, le Théâtre de l’Œuvre nous entraîne dans les coulisses de l’univers d’Alfred Hitchcock, mais surtout dans les zones beaucoup plus troubles de la personnalité du cinéaste. La pièce de Michael Sadler imagine une rencontre entre Hitchcock, la scénariste Jay Presson Allen et Tippi Hedren, peu avant le tournage de Pas de printemps pour Marnie. Le réalisateur leur présente alors un projet qui l’obsède : adapter Mary Rose, l’étrange histoire fantastique de J. M. Barrie, l’auteur de Peter Pan. Ce qui commence comme une simple séance de travail se transforme progressivement en huis clos psychologique. À mesure que le texte de Mary Rose se dévoile, c’est Hitchcock lui-même qui semble être disséqué. Ses obsessions, ses blessures, son rapport aux femmes et surtout l’emprise qu’il exerce sur Tippi Hedren viennent contaminer la lecture. La grande réussite du spectacle tient à cette frontière constamment brouillée entre cinéma, théâtre, fiction et réalité. Christophe Lidon, qui signe la mise en scène et la scénographie, retrouve quelque chose de profondément hitchcockien : l’inquiétude naît moins de ce que l’on voit que de ce que l’on devine. Les lumières de Cyril Manetta, la musique de Cyril Giroux et l'utilisation de la vidéo participent pleinement à cette atmosphère presque cinématographique. Éric Prat compose un Alfred Hitchcock particulièrement convaincant. Il en retrouve l’ironie, l’autorité et cette présence immédiatement reconnaissable, tout en laissant progressivement apparaître un personnage beaucoup plus dérangeant. Face à lui, Mélanie Page apporte à Tippi Hedren une véritable force. L'actrice n'est pas seulement présentée comme une muse ou une victime : elle devient peu à peu l'adversaire du cinéaste dans un duel où désir, pouvoir et manipulation se confondent. Marjorie Frantz, dans le rôle de la scénariste, complète avec justesse ce trio. Et c'est probablement là que Hitchcock et Mary Rose est le plus intéressant : la pièce ne cherche pas simplement à reproduire l'univers du maître du suspense. Elle utilise ses propres codes pour retourner la caméra vers lui. Pendant 1h20, le spectacle fait ainsi surgir derrière l'immense cinéaste un homme traversé par ses fantasmes et ses contradictions. Un face-à-face tendu et élégant, qui donne envie de replonger aussi bien dans Marnie que dans cette mystérieuse Mary Rose qui n'a jamais cessé de hanter Hitchcock.