Tragédie à Montpellier
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Stop Calling Beirut
Théâtre Jean Vilar
Les artistes du Collectif Zoukak ont perdu en 2012 — ça pourrait être hier — un des leurs, Ziad. Frère, ami, artiste engagé, il s'est noyé. La pièce remonte le temps, les guerres, les faux espoirs, les lieux, les larmes et les rires. Dans une scénographie originale, un travail sonore et vidéo délicat, où l'eau semble flouter la réalité, l'acteur et les actrices croisent leurs souvenirs intimes et collectifs, ceux avec et sans Ziad, ceux d'une ville et de ses quartiers disparus. Ici, pas de sentimentalisme, mais une dissection méthodique de la mémoire d'une génération — celle des années 1970 et 1980 — marquée par la guerre, les illusions perdues et un amour inconditionnel pour Beyrouth à la dérive. Le texte parle à la ville, l'interpelle, la célèbre, l'interroge. Aujourd'hui comme hier. Il trinque à son passé et à son avenir. Il distille un amour resté en suspens, un amour qui brûle encore et continue d'y croire. Fondé en 2006, Zoukak est un collectif de théâtre basé au Liban, qui conçoit le théâtre comme un outil de réflexion, de créativité et d'engagement social. Au cours des deux dernières décennies, Zoukak a développé des pratiques et des méthodologies distinctes, ancrées dans le travail théâtral collectif, explorant des processus innovants qui remettent en question les hiérarchies traditionnelles de la création artistique. Les spectacles de Zoukak prennent forme à travers la recherche, l'improvisation et l'expérimentation dramaturgique, et abordent des thématiques liées au pouvoir, à la mémoire et à la marginalisation. Leur travail a été présenté à la New York Public Library (New York), au Royal Court Theatre (Londres), à la Biennale Archipelago Mediterraneo (Palerme), au Festival International des Arts de Bordeaux (Bordeaux), à Santiago a Mil (Santiago), à La MaMa Theatre (New York) et au Spoleto Festival USA (Charleston), entre autres. Zoukak a reçu plusieurs distinctions prestigieuses, dont la bourse Ibsen (2012), le prix de la Fondation Anna Lindh (2014), la bourse du Praemium Imperiale (2017), le prix de la Fondation Chirac (2017) et le Ellen Stewart International Award (2018). Parallèlement, Zoukak soutient activement le développement artistique local à travers des résidences, des programmes de formation et le festival Zoukak Sidewalks.
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dès 18,50€
La parabole du seum
Théâtre des 13 Vents (Centre Dramatique National)
Face aux diverses catastrophes, politiques et climatiques, aux discriminations en tous genres, la dernière création de Rébecca Chaillon nous invite, à sa façon féroce et drôle, à résister. Résister par les marges aux normes qui écrasent tout. Des marges où nous sommes nombreux·euses : pas assez comme ci, trop comme ça, racisé·e·s, précaires, gros·se·s, gays, lesbiennes... ou sans étiquette. Une parabole c'est à la fois une figure de style, un récit qui parle à chacun, qui donne à penser et contient une sorte d'enseignement partagé. C'est aussi le nom de ces objets ronds et blancs qui recouvrent massivement les toits un peu partout, mais plus encore dans le 93, un département dit " sensible ". En argot, le mot " seum " est utilisé pour désigner colère, frustration et amertume. On s'en échappe ici momentanément par la science-fiction, l'exubérance et la générosité des corps libres, les rituels païens, l'astronomie et les stars... Metteuse en scène, autrice, performeuse, membre du collectif RER Q et scorpion ascendant taureau, Rébecca Chaillon milite comme elle respire, adore faire des débats et jouer nue. Son travail se situe entre théâtre, performance, poésie et explore les rapports de dominations. Elle aime raconter les désirs et les violences qui agissent sur les corps avec beaucoup d'amour, d'humour, et de nourriture. Fondée en 2006, La Compagnie Dans Le Ventre est une plateforme d'exploration artistique autour des identités minorisées dans notre société. Abordant des thématiques à la fois intimes, politiques et universelles, son travail prend des formes diverses comme L'Estomac dans la peau (2011), solo sur le désir et l'appétit ; Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute (2018), pièce qui explore les discriminations à travers le football féminin ; Carte noire nommée désir (2021), spectacle performatif sur la construction du désir chez les femmes noires ou Plutôt vomir que faillir (2022), qui nous plonge dans l'adolescence pour questionner un monde fait par et pour des adultes. Sa dernière création, La Gouineraie (2025), qu'elle co-signe avec Sandra Calderan, déconstruit le mythe de la famille traditionnelle en milieu rural. Autrice et metteuse en scène, Céline Champinot est associée au Théâtre Dijon Bourgogne-CDN (2016- 2021), où elle crée sa trilogie Biblico-pop : VIVIPARES – posthume (2016), LA BIBLE, vaste entreprise de colonisation d'une planète habitable (2018) et Les Apôtres aux Coeurs Brisés – Cavern Club Band (2021). En 2019, elle reçoit le prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD et met en scène une adaptation de La Mouette d'Anton Tchekhov pour les lycées en 2020. Artiste associée au Théâtre des 13 vents, elle y démarre un nouveau cycle de création, L'Amour et l'Occident, avec une première pièce pour l'itinérance et les plateaux, Juliette et Roméo sont morts (2024) puis une seconde : Le Mauvais sort (2025). Également associée au Studio Théâtre de Vitry, elle y met en scène Les Acteurs de bonne foi de Marivaux avec des amateur·ice·s (2025), pièce qu'elle recréera en 2028 avec la compagnie de La Bulle Bleue à Montpellier. Elle est par ailleurs, depuis plusieurs années, la collaboratrice à la mise en scène de Rébecca Chaillon.
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